Principaux renseignements
- La guerre en Iran fait grimper les prix mondiaux des denrées alimentaires à des niveaux records en raison des perturbations de la chaîne d’approvisionnement.
- La hausse des prix du pétrole stimule la demande en biocarburants, ce qui met encore plus sous pression les marchés des huiles végétales et fait grimper la facture d’épicerie des consommateurs.
- Partout dans le monde, les agriculteurs envisagent de cultiver des cultures alternatives nécessitant moins d’engrais pour faire face à l’impact du conflit sur les coûts des intrants.
La guerre en cours en Iran a eu un impact significatif sur les prix mondiaux des denrées alimentaires, les propulsant à leur plus haut niveau depuis plus de trois ans. Selon un rapport récent des Nations unies, leur indice des prix des matières premières alimentaires a augmenté de 1,6 pour cent en avril par rapport au mois précédent. Sur une base annuelle, les prix ont augmenté de 2,5 pour cent. Cette hausse est principalement attribuée à l’augmentation des coûts des huiles végétales, de la viande et des céréales.
Perturbations de la chaîne d’approvisionnement
Le conflit a entraîné la fermeture effective du détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour les intrants agricoles essentiels tels que le diesel et les engrais. Cette perturbation a entraîné une hausse des prix de ces ressources vitales, ce qui a finalement eu un impact sur les coûts de production alimentaire. Les prix des huiles végétales ont connu la hausse la plus importante, grimpant de 5,9 pour cent par rapport à mars pour atteindre leur plus haut niveau depuis juillet 2022.
Máximo Torero, économiste en chef à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, explique que la hausse des prix du pétrole stimule la demande en biocarburants, ce qui accentue la pression sur les marchés des huiles végétales. Bien que l’indice des Nations unies suive les coûts des matières premières plutôt que les prix de détail, les consommateurs peuvent s’attendre à un impact différé, car la hausse des prix à la production finit par se traduire par une augmentation de la facture d’épicerie.
Hausses persistantes des prix
C’est le troisième mois consécutif que l’indice des prix des denrées alimentaires augmente. L’indice de la viande a également atteint un niveau record, en hausse de 1,2 pour cent par rapport à mars. Les inquiétudes concernant les conditions météorologiques et les réductions prévues des semis de blé en 2026 ont contribué à une hausse de 0,8 pour cent de l’indice des prix des céréales. Les agriculteurs envisagent des cultures alternatives nécessitant moins d’engrais en raison de l’impact du conflit sur les coûts des intrants.
Les producteurs du monde entier mettent déjà en garde contre une baisse potentielle des superficies ensemencées et des rendements agricoles en raison de la flambée des prix du diesel et des engrais. Certains grands producteurs européens, notamment la France et la Roumanie, ont annoncé des prévisions de production à la baisse. Les agriculteurs de ces pays réduisent leurs semis de maïs afin d’atténuer les effets de la hausse des coûts des intrants. (fc)
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