La guerre de l’eau a commencé: les marchands d’eau se frottent les mains

En Inde, les habitants doivent parfois faire la file pendant des heures avant de recevoir l’eau du service public. Tout le monde ne sera pas servi. (AP Photo/R. Parthibhan)

Elle est surnommée l’or bleu, et ce n’est pas pour rien. Dans de nombreux pays, elle se vend à des prix très élevés. Ce qui fait le bonheur des vendeurs, mais qui met en danger les populations les plus pauvres.

Payer l’eau 52 fois plus cher que le prix proposé par le service public, c’est inconcevable par chez nous. Mais dans les quartiers pauvres de Bombay, en Inde, les habitants n’ont pas le choix. Il n’y a pas d’accès à l’eau potable distribuée par l’État. Ils doivent donc acheter l’eau à des marchands ambulants. Et eux, ils fonctionnent selon les lois de l’offre et de la demande. Plus l’eau est rare dans le pays, plus les demandes sont fortes et plus les prix sont élevés.

Selon le New York Times, le changement climatique et l’urbanisation rapide de certaines régions seraient à la base du problème. Le réseau public de distribution ne suit pas. Les plus pauvres n’ont donc pas accès à ce réseau. Selon la Banque mondiale, près d’1,9 milliard d’êtres humains souffriront du manque d’eau en 2050.

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Les marchants d’eau

Des marchants sillonnent alors les rues avec une citerne d’eau pour approvisionner les gens qui en manquent. Mais pas question de le faire gratuitement. Il n’y en a pas assez pour tout le monde de toute façon. L’eau sera donc vendue au plus offrant. En général, le prix sera 10 fois supérieur à ce lui du réseau public. Mais lors des saisons sèches, la rareté de l’eau fait monter son prix en flèche.

À Katmandou, au Népal, les rues sont trop étroites pour que les camions-citernes passent. Les clients qui veulent de l’eau sont obligés de payer un intermédiaire pour y avoir accès. Ce qui en augmente encore le coût.

Les marchants d’eau sont parfois comparés à une mafia. Pour se garantir un prix élevé, certains vont jusqu’à supprimer la concurrence ou à payer les autorités pour diminuer le flux sur le réseau public afin d’augmenter la demande.

Un besoin vital

L’eau potable est un besoin vital tout comme l’oxygène. Notre corps est composé d’environ 60 % d’eau. Il faut donc la renouveler régulièrement en buvant. Il faut aussi pouvoir nettoyer sa nourriture et la faire cuire dans une eau purifiée pour éviter les maladies.

Malheureusement, les revendeurs de cet or bleu n’ont pas toujours bonne conscience. Le marché se faisant dans la semi-légalité, certains n’hésitent pas à proposer de l’eau non potable. Ils vont aussi parfois puiser dans des ressources naturelles sans se limiter au risque de la vider entièrement.

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