‘Les riches doivent contribuer plus’: le long plaidoyer de Bill Gates

Bill Gates – EPA

Bill Gates a fait un fervent plaidoyer sur son blog la semaine dernière. Sa volonté: que les super riches paient plus d’impôts.

Le boss de Microsoft a souligné l’inégalité toujours croissante et les écarts de richesses entre les super riches et le reste du monde. Pour lui, pas de doute, ils doivent contribuer plus.

Dans son plaidoyer, il livre diverses suggestions sur la manière de procéder.

Impôt sur le capital et sur les gains en capital

Il est favorable à un impôt sur la fortune, et notamment sur « les grandes fortunes établies depuis longtemps (plus de dix ans) ». Par souci de clarté, il s’agirait d’une taxe sur du capital actif total, donc par exemple, l’immobilier, les actions et les obligations.

« Les gens très riches font souvent des investissements qui durent des années. Ces investissements ne sont alors pas échangés pendant longtemps, de sorte que l’argent n’est jamais imposé », poursuit Gates dans son article. « Cela n’a aucun sens », poursuit-il.

Selon Gates, l’impôt sur les gains en capital doit également être augmenté. Il s’agirait d’une taxe sur l’augmentation de la valeur d’un capital. Concrètement, la valeur ajoutée que quelqu’un s’accapare lorsqu’il vend des maisons, des actions ou des obligations. Cette valeur qui augmente de manière automatique à cause des intérêts, de l’inflation ou des prix immobiliers, doit pouvoir être imposée davantage.

Selon Gates, l’augmentation de valeur des fortunes devrait être imposée tout autant que les revenus ordinaires. Les impôts locaux doivent être « plus équitables » selon Gates, et les droits de succession doivent également être abordés. Selon le fondateur de Microsoft, il y a trop de porte de sortie pour les éviter.

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La philanthropie ne suffit pas

L’homme ne s’exclut pas non plus de ce cercle de privilégiés: « J’ai été récompensé de manière disproportionnée pour le travail que j’ai accompli, tandis que d’autres ont lutté tout aussi durement et peuvent à peine joindre les deux bouts », explique Gates. « C’est pourquoi je suis en faveur d’un système fiscal où ceux qui ont plus d’argent paient un pourcentage plus élevé d’impôts. Les riches doivent payer plus qu’ils ne le font actuellement, y compris moi et Melinda (sa femme, ndlr). »

Selon l’indice milliardaire de Bloomberg, Gates vaut actuellement environ 102 milliards d’euros. Sa fondation et celle de sa femme, la Fondation Bill & Melinda Gates, luttent contre la pauvreté dans le monde et cherchent à améliorer les soins de santé et l’éducation pour les groupes malheureux. En 2010 déjà, il appelait les milliardaires à donner une grande partie de leur fortune. À cette époque, son patrimoine était estimé à environ 45 milliards d’euros.

Des gestes philanthropiques qui ne suffisent pas. « Donner volontairement ne fournira jamais assez d’argent pour tout ce que le gouvernement doit accomplir », écrit-il. Ces donations peuvent pas contre servir « pour gérer des projets à haut risque que le gouvernement ne peut pas entreprendre et que les entreprises refusent. »

Ce sur-impôt ne sera-t-il pas au détriment de l’innovation? « Je crois que nous pouvons rendre notre régime fiscal plus équitable sans sacrifier l’innovation. Les 1% (des plus riches, ndlr) peuvent contribuer beaucoup plus sans avoir à arrêter de créer de m’emploi. Lorsque moi et Paul Allen avons fondé Microsoft dans les années 70, les tranches d’imposition les plus élevées étaient aujourd’hui deux fois ce qu’elles sont aujourd’hui. Cela ne nous a pas empêchés de créer une entreprise fantastique. »

Puisse-t-il être entendu.

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