La France veut forcer Netflix, Amazon & Cie à investir dans des productions locales

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Un projet de loi vise à obliger les services de streaming à investir au moins 25% de leurs recettes provenant de France pour financer des productions locales.

On sait que la France est communément connue pour être fière de sa culture, voilà de quoi encore alimenter cette croyance. Mais surtout de quoi ravir les producteurs de cinéma locaux. Le pays est en train de finaliser un projet de loi pour obliger les services de vidéo à la demande tels que les géants Netflix, Amazon, Apple et Disney à financer des productions locales, annonce Bloomberg.

C’est dans le cadre d’une directive de l’Union européenne que s’inscrit cette mesure française. Elle stipule que ces entreprises doivent constituer au moins 30% de leur catalogue de contenus européens. Mais cette règle s’inscrit aussi et surtout dans le cadre plus large de la promotion de ce que la France appelle sa ‘souveraineté culturelle à l’ère numérique’. Objectif: promouvoir le ‘homemade’… et freiner la suprématie des séries et films étrangers. Un défi de taille quant on connait les adversaires.

Plan Cœur, Marianne, Marseille

Netflix a pourtant déjà pondu pas mal de contenu original français et semble même donner un coup d’accélérateur ces dernières années. On peut ainsi citer Plan Cœur qui raconte les histoires d’amour d’un groupe d’amies, Marianne, une série horrifique donnant vie à des personnages de romans d’épouvante, mais encore la série de science-fiction Osmosis et le drame politique Marseille. L’entreprise californienne a par ailleurs indiqué son intention d’ouvrir un bureau à Paris dans le courant de ce mois.

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Un beau catalogue de contenu varié qui ne semble pourtant pas satisfaire le ministre français de la Culture, Franck Riester. La plateforme Netflix a dépassé l’an dernier les 5 millions d’abonnés en France, pas question donc de voir filer l’opportunité de promouvoir des producteurs locaux.

Un investissement à 125 millions

Et puis, il faut encore relever ses manches face à la multiplication des services de streaming. Selon le Centre national du cinéma et de l’image animée, ces plateformes ont réalisé en tout un chiffre d’affaires en France d’environ 500 millions d’euros en 2018, ce qui représenterait un investissement d’environ 125 millions d’euros, rapporte le journal Les Echos.

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Le ministère de la Culture indique cependant que le Parlement ne débattra du projet de loi qu’à partir de mars et qu’il sera promulgué après un vote final à la fin de l’été. Il devrait aussi détailler les obligations des services de streaming. La France a également indiqué sa volonté d’assouplir les règles de diffusion et de publicité, conçues en partie pour protéger le cinéma français et maintenir la fréquentation des salles.

Du côté de Netflix, on se dit ‘surpris de la hausse de taux par rapport aux déclarations du ministre en septembre [qui parlait de 16%], mais on reste désireux d’investir en France et de participer aux négociations’, indique Les Echos. Selon le journal français, les investissements de la plateforme s’élèveraient aujourd’hui à 100 millions dans l’Hexagone.

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