Principaux renseignements
- La France interdira d’ici la fin de l’année la publicité pour les combustibles fossiles importés.
- Les militants réclament des restrictions plus strictes, à l’image des lois sur le tabac et l’alcool.
- Les régulateurs avertissent que le marketing en faveur du « gaz vert » masque la dépendance aux combustibles fossiles.
Le gouvernement français a annoncé le 7 juillet qu’il promulguerait d’ici la fin de l’année un décret visant à interdire la publicité pour les combustibles fossiles importés, rapporte Le Monde. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large en 22 points destinée à réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures et à encourager la transition vers l’énergie électrique.
Bien que cette mesure semble nouvelle, elle met en réalité en œuvre la loi « Climat et Résilience » adoptée en 2021. Depuis cinq ans, l’interdiction légale existait en théorie mais restait lettre morte, car le décret officiel nécessaire n’avait pas été publié.
Organisations environnementales réclament des règles plus strictes
Les militants écologistes considèrent cette avancée comme une victoire minime. Edina Ifticene, de Greenpeace France, a fait remarquer que, bien que cette mesure reconnaisse que les combustibles fossiles constituent un problème systémique, le retard pris dans sa mise en œuvre est frustrant.
De plus, les défenseurs de l’environnement estiment que le champ d’application actuel du décret est trop restreint. Ils avaient plaidé en faveur d’une restriction globale similaire à la loi Evin, qui limite strictement la commercialisation du tabac et de l’alcool. Une telle politique aurait bloqué toute communication des entreprises pétrolières et gazières et interdit la promotion de tout service ou produit dépendant des énergies fossiles, y compris les vols aériens et les véhicules fonctionnant au gaz.
Marketing subtil est également dans le collimateur
La publicité pour le pétrole et le gaz est encore peu courante, se limitant généralement aux prix des carburants. Cependant, le gouvernement vise à mettre fin à des campagnes plus subtiles, telles que celles promouvant le gaz naturel, qui vont à l’encontre des objectifs nationaux visant à éliminer progressivement l’utilisation du gaz.
Un point de discorde particulier concerne GRDF, une filiale d’Engie, qui a fait appel à des célébrités de premier plan comme Jamel Debbouze pour commercialiser le « gaz vert » ou biométhane.
Polémique autour du gaz vert
Bien que le biométhane soit une source d’énergie renouvelable issue des déchets et qu’il ne relève techniquement pas du champ d’application de l’interdiction, il a suscité un vif débat. La Commission de régulation de l’énergie a indiqué en juin que ce type de marketing brouille souvent la distinction entre le biogaz durable et le gaz fossile traditionnel. Étant donné que le gaz vert ne représentait que 3,2 pour cent de la consommation totale de gaz en 2024, les régulateurs craignent que ces campagnes ne servent en réalité de porte dérobée pour promouvoir la dépendance aux combustibles fossiles. (lv)
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