La crise de la dette des pays en développement touche de manière disproportionnée les femmes


Principaux renseignements

  • L’alourdissement du fardeau de la dette nuit de manière disproportionnée aux femmes dans les pays en développement, car il oblige à des coupes budgétaires qui suppriment des emplois occupés majoritairement par des femmes.
  • L’allègement de la dette devrait être subordonné à la condition que les pays débiteurs accordent la priorité aux programmes sociaux qui profitent aux femmes, car l’autonomisation économique des femmes a un impact plus important sur le développement.
  • L’escalade de la crise de la dette menace d’exacerber les inégalités de genre existantes et d’entraver les progrès des pays en développement.

Un rapport récent du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) révèle que les femmes des pays en développement sont touchées de manière disproportionnée par l’alourdissement du fardeau de la dette. En analysant les données de 85 pays sur trois décennies, l’étude met en évidence comment l’augmentation des remboursements de la dette oblige les gouvernements à réduire les dépenses publiques, entraînant des pertes d’emplois qui touchent principalement les femmes, souvent concentrées dans des secteurs tels que l’éducation et les soins.

La crise de la dette aggrave les inégalités entre les sexes

La situation est exacerbée par des événements mondiaux tels que le conflit au Moyen-Orient, qui fait grimper les coûts de l’énergie et des engrais tout en augmentant les taux d’intérêt mondiaux. L’administrateur du PNUD, Alexander De Croo, souligne la nécessité cruciale pour les pays débiteurs d’examiner attentivement les conséquences des coupes budgétaires, en reconnaissant que les programmes sociaux profitent souvent de manière disproportionnée aux femmes.

Le rapport estime que le fardeau du service de la dette dans les pays étudiés aura presque doublé entre le début des années 2010 et 2022, entraînant la perte de millions d’emplois pour les femmes, tant à court qu’à long terme. L’étude indique également une baisse significative du revenu par habitant des femmes lorsque le fardeau de la dette augmente, tandis que le revenu des hommes reste inchangé.

émancipation grâce à l’allègement de la dette

De Croo suggère de lier l’allègement de la dette à des engagements de la part des pays débiteurs visant à éviter les coupes budgétaires qui nuisent de manière disproportionnée aux femmes, arguant que l’émancipation économique des femmes a un impact plus important sur le développement que celle des hommes.

L’alourdissement du fardeau de la dette fait peser des risques importants sur les pays en développement, en particulier dans le contexte du conflit actuel au Moyen-Orient. La flambée des prix des produits de première nécessité et la réduction de l’aide étrangère aggravent encore ces difficultés. Le PNUD fait écho aux préoccupations soulevées par le Fonds monétaire international concernant l’exposition accrue des pays en développement à l’instabilité monétaire et à la hausse des taux d’intérêt due au rôle croissant des investisseurs privés en tant que prêteurs.

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