La Corée du Sud construit son premier sous-marin nucléaire et rejoint ainsi la très courte liste des pays qui en possèdent un


Principaux renseignements

  • La Corée du Sud construit sa première flotte de sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire afin de faire face aux menaces régionales.
  • Ces navires utiliseront de l’uranium faiblement enrichi afin de respecter les traités internationaux.
  • Cet investissement stratégique crée 40 000 emplois hautement qualifiés tout en renforçant le rayonnement militaire mondial de Séoul.

La Corée du Sud s’apprête à rejoindre un groupe d’élite composé de seulement six nations en développant sa première flotte de sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire. Ce changement stratégique en matière de défense vise à contrer l’expansion des capacités navales de la Corée du Nord et l’influence croissante de la Chine dans la région. Afin de rester en conformité avec les accords internationaux de non-prolifération, ces navires utiliseront de l’uranium faiblement enrichi et ne seront pas équipés d’armements nucléaires.

Le projet Jang Bogo N

Connue sous le nom de projet Jang Bogo N, cette initiative met l’accent sur l’utilisation d’une ingénierie et d’une technologie nationales. Le président Lee Jae-myung a récemment exprimé son soutien à ce programme, précisant que les premiers navires devraient être mis à l’eau vers le milieu des années 2030, la pleine capacité opérationnelle devant être atteinte plus tard au cours de cette décennie.

Bien que la Corée du Sud ait une longue expérience dans la construction de sous-marins conventionnels, ces nouveaux navires — dont le déplacement devrait être d’environ 8 000 tonnes chacun — offriront une autonomie supérieure et des capacités de dessalement de l’eau. La marine a l’intention de mettre en service quatre sous-marins de ce type.

Motivations géopolitiques

La décision d’opter pour la propulsion nucléaire est motivée par plusieurs facteurs géopolitiques. Au-delà de la réponse aux récentes déclarations de Pyongyang concernant le déploiement de ses propres sous-marins à propulsion nucléaire capables de lancer des missiles, Séoul cherche à renforcer sa position vis-à-vis de la Chine.

De plus, la Corée du Sud vise à s’aligner plus étroitement sur l’alliance AUKUS, un cas rare où les États-Unis ont partagé leur technologie sensible de propulsion sous-marine avec des partenaires.

Impact économique

Sur le plan technologique, les sous-marins devraient être équipés d’un gouvernail en forme de X, d’un mât électro-optique et de systèmes de lancement vertical de missiles, comme le suggèrent les maquettes de Hanwha Ocean. En s’approvisionnant en uranium faiblement enrichi auprès des États-Unis et en coordonnant ses actions avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, Séoul s’assure que sa quête d’une propulsion de pointe ne viole pas les traités nucléaires.

Au-delà des avantages militaires, ce projet devrait constituer un moteur économique majeur. On estime que ce développement créera environ 40 000 emplois hautement qualifiés dans les secteurs du traitement nucléaire et de la construction navale. Une fois déployés, ces sous-marins devraient rester en service pendant trois décennies, consolidant ainsi la place de la Corée du Sud aux côtés des États-Unis, de la Russie, de la Chine, du Royaume-Uni, de la France et de l’Inde. (fc)

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