Principaux renseignements
- Les ministres de l’UE débattent d’un embargo commercial ou de droits de douane visant les colonies israéliennes.
- Les désaccords sur le mode de vote opposent l’exigence d’unanimité de la Commission à celle d’une majorité qualifiée.
- Les diplomates accusent la Commission de retarder les mesures visant à protéger les intérêts israéliens.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se réunissent ce lundi à Bruxelles pour évaluer d’éventuelles restrictions, voire une interdiction totale, des échanges commerciaux avec les colonies israéliennes. Cependant, le processus est en proie à la controverse, plusieurs États membres reprochant en privé à la Commission européenne de retarder intentionnellement les délibérations.
Pas d’interdiction totale du commerce
Bien que l’Union européenne considère les colonies israéliennes comme illégales au regard du droit international, elle n’a pas encore mis en place d’embargo commercial total. Actuellement, les produits provenant de ces zones sont soumis à des droits de douane plus élevés, car ils sont exclus de l’accord d’association de 2000 entre l’UE et Israël.
En réponse à la recrudescence de la violence en Cisjordanie, la Commission a récemment présenté un document détaillant trois stratégies possibles pour renforcer les restrictions commerciales, une initiative motivée par les demandes de la majorité des capitales de l’UE.
La bataille autour des mécanismes de vote
L’un des principaux points de discorde concerne le mécanisme de vote requis pour l’adoption de la proposition. La Commission fait valoir que ces restrictions devraient être classées comme des instruments de politique étrangère, ce qui nécessiterait un vote à l’unanimité de tous les États membres. Cette exigence risquerait de faire échouer la proposition, car plusieurs pays, dont l’Allemagne, restent de solides alliés d’Israël.
À l’inverse, les conseillers juridiques du Conseil ont précédemment suggéré que ces mesures pourraient être considérées comme des outils commerciaux, ce qui permettrait leur adoption à la « majorité qualifiée » — nécessitant le soutien de 15 pays représentant 65 pour cent de la population de l’UE.
Accusations d’incohérence
La France et la Suède menant une coalition d’une vingtaine de pays en faveur de ces restrictions, une majorité qualifiée semble réalisable si des pays comme l’Italie apportent leur soutien. Par conséquent, de nombreux ministres devraient rejeter farouchement l’insistance de la Commission sur l’unanimité.
Les diplomates ont critiqué l’exécutif, dirigé par Ursula von der Leyen, en laissant entendre que la Commission appliquait sa propre logique de manière incohérente. Ils soulignent que l’UE a eu recours au vote à la majorité qualifiée pour la suppression progressive des importations d’énergie russe et avait précédemment suggéré une approche similaire pour la suspension de l’accord d’association UE-Israël.
Les élections israéliennes approchent
Les détracteurs affirment en outre que la Commission a délibérément choisi le moment de la publication de son document d’options afin d’empêcher qu’une décision ne soit prise avant octobre. On craint que les prochaines élections israéliennes, prévues fin octobre, ne viennent encore entraver toute action significative.
Les mesures proposées comprennent l’imposition de droits de douane plus sévères, l’obligation d’obtenir des licences d’exportation spéciales pour les produits provenant des colonies, ou la mise en place d’une interdiction totale d’importation. De nombreux responsables font valoir que toute mesure qui ne serait pas une interdiction totale est inefficace, car les exportateurs contournent fréquemment les règles en vigueur en étiquetant de manière erronée les produits ou en les mélangeant à des marchandises produites à l’intérieur des frontières reconnues d’Israël.
Justification juridique
Les partisans de l’interdiction font valoir qu’il s’agit d’une mesure nécessaire pour mettre le commerce de l’UE en conformité avec le droit international, en citant un avis consultatif rendu en 2024 par la Cour internationale de justice. Ils soutiennent que la proposition constitue une mesure raisonnable plutôt qu’un acte agressif, visant spécifiquement les entités que l’UE considère comme illégales.
Cette initiative fait suite à une récente avancée majeure, l’UE ayant approuvé des sanctions à l’encontre de colons extrémistes violents après des mois d’impasse politique en Hongrie.
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(ns)

