La Chine étend son influence en Russie pour assurer son pouvoir à long terme, même après Poutine


Principaux renseignements

  • La Chine diversifie ses relations diplomatiques avec la Russie afin de garantir une stabilité à long terme, même après l’ère de Vladimir Poutine.
  • La situation économique désespérée oblige Moscou à accepter des conditions commerciales et monétaires défavorables.
  • La Chine positionne la Russie comme un État subordonné au service de ses propres intérêts.

Pékin diversifie discrètement ses réseaux diplomatiques et institutionnels au sein de la Russie, en regardant au-delà du cercle immédiat de Vladimir Poutine. En nouant des relations avec un éventail plus large de membres de l’élite au pouvoir, la Chine vise à garantir sa stabilité et son influence, quelle que soit la personne qui succédera finalement à l’actuel président. Cette stratégie permet à Pékin de s’ancrer dans le cadre politique russe sans donner l’impression de contester l’autorité actuelle de Poutine.

Déséquilibre économique

La vulnérabilité croissante de Moscou se manifeste clairement dans son hésitation à s’opposer aux activités de renseignement chinoises ou au recrutement de ses propres fonctionnaires, par crainte que de telles tensions ne compromettent une alliance vitale. Cette dynamique est alimentée par un déséquilibre économique flagrant ; depuis que le conflit en Ukraine a rompu les liens avec les marchés occidentaux, la dépendance de la Russie vis-à-vis de la Chine s’est considérablement accrue.

Les échanges avec Pékin représentent désormais environ 40 pour cent du commerce international de la Russie, alors que la Russie ne représente qu’une part négligeable du commerce global de la Chine.

Tirer parti du désespoir financier

Ce levier a permis à la Chine d’obtenir des concessions importantes. Par exemple, la Russie a renoncé à sa résistance antérieure à l’idée de faire du yuan la monnaie principale d’une future banque de développement de l’Organisation de coopération de Shanghai, un revirement motivé par le désespoir financier face aux sanctions internationales.

De même, Pékin a exercé des pressions lors des négociations sur le gazoduc « Power of Siberia 2 », exigeant que le gaz soit facturé au prix pratiqué sur le marché intérieur. Comme Moscou ne peut se permettre de perdre ce contrat potentiel, la Chine a de fait gelé l’accord jusqu’à ce que ses conditions strictes soient respectées.

Subordonner

Les experts suggèrent que la Chine positionne la Russie pour qu’elle devienne un État subordonné, à l’image de la dépendance observée dans des pays comme le Laos ou le Pakistan. En proposant un modèle de modernité et de survie économique, Pékin transforme la Russie en un atout stratégique au service des intérêts chinois. Certains analystes affirment que le scénario idéal pour la Chine n’est ni une victoire ni un échec décisif de la Russie, mais plutôt une Russie affaiblie qui continue de constituer une distraction permanente pour les États-Unis tout en restant liée à la puissance chinoise. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus