La Chine a réussi à créer de la glace pliable, et ça pourrait lui être très utile

Des chercheurs chinois sont parvenus à mettre au point une glace avec des propriétés élastiques bluffantes. Une invention qui pourrait avoir plusieurs applications très intéressantes.

Dans un article publié dans la revue Science, des scientifiques de l’université de Zhejiang, à Hangzhou, ont révélé avoir réussi à concevoir une glace flexible. Une prouesse, tant on sait que, mise sous pression, la glace a normalement tendance à casser plutôt qu’à se plier.

Pour l’instant, les chercheurs chinois travaillent à l’échelle microscopique. Les brins de glace auxquels ils ont conféré des propriétés élastiques ne mesurent que 4,4 micromètres de diamètre. Comme le montre la vidéo ci-dessus, ces morceaux de glace ont quasiment pu prendre une forme circulaire, avant de reprendre leur forme initiale.

Comment ça marche ?

Pour fabriquer ce qu’ils appellent ces « microfibres de glace élastiques », les scientifiques ont transféré de la vapeur d’eau dans une chambre froide, où elle a été refroidie via de l’azote liquide. Le produit a ensuite été électrifié à 2.000 volts avec une épingle en tungstène. Un procédé qui a permis d’attirer la vapeur d’eau et de (lentement) former des cristaux de glace sur l’épingle.

Les chercheurs ont expérimenté différentes températures de refroidissement, faisant pousser les brins entre -70 et -150 degrés °C. Les microfibres obtenues à la température de refroidissement maximale ont pu être pliées à une déformation maximale de 10,9%. Or, la glace n’affiche normalement qu’une déformation élastique de 0,3%.

La glace ainsi créée s’approche de la limite théorique de la flexibilité de la glace, qui est de 15%. Il y a donc encore un peu de marge pour l’améliorer encore davantage.

Et surtout, à quoi ça sert ?

La glace obtenue par les scientifiques chinois étant particulièrement transparente, ceux-ci estiment que les microfibres pourraient être utilisées pour transmettre la lumière, comme les câbles de fibres optiques.

“Ils peuvent guider la lumière d’un côté à l’autre », a indiqué Limin Tong, un physicien ayant participé à la recherche, dans une interview accordée au New York Times.

L’équipe derrière cette glace pliable pense que leur invention pourrait également servir à fabriquer de minuscules capteurs capables de détecter la pollution atmosphérique. Certaines particules polluantes pouvant se coller à la glace, une analyse de la façon dont la lumière se déplace à travers les cristaux pourrait permettre de déterminer la quantité et la nature de la pollution présente à certains endroits.

Loin d’être pleinement satisfaits, les chercheurs vont poursuivre leur étude, pour tenter de s’approcher de la limite théorique de la flexibilité de la glace. Et pour, par la suite, mettre en pratique les potentielles applications imaginées pour ces microfibres.

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