‘La capacité de 25.000 tests ne doit pas poser problème dans les jours qui viennent’

Frederic Sierakowski / Isopix

Si la barre des 50.000 contaminations est désormais franchie, les autres chiffres de l’épidémie sont en constante diminution. Celui des tests réalisés quotidiennement est par contre en nette augmentation. Mais malgré cet affaiblissement progressif, il est peu probable que le coronavirus disparaisse au cours des prochains mois.

Les chiffres:

  • 59 patients ont été hospitalisés ces dernières 24 heures. Le chiffre des hospitalisations reste donc faible pendant tout le week-end. 655 personnes sont en soins intensifs (-19). Au total, 3.044 patients sont hospitalisés, soit plus ou moins la moitié du nombre lors du pic. 69 personnes ont pu quitter l’hôpital. 12.378 patients sont sortis de l’hôpital et ont été déclarés guéris depuis le 15 mars
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  • Hier, 80 décès ont été rapportés, un chiffre modéré durant ces derniers jours. 41 ont eu lieu à l’hôpital, 39 dans les maisons de repos et de soins. Dans ce dernier groupe, 72% des cas ont été confirmés par un test Covid-19. 7.924 décès au total ont été rapportés depuis le début de la pandémie.
  • 361 nouveaux cas ont été diagnostiqués – mais ce chiffre n’est peut-être pas représentatif car nous sortons du week-end, il sera surement corrigé par la suite.
  • Au total, nous comptons désormais 50.267 cas de coronavirus, dont 27.764 cas (55%) en Flandre, 16.348 (33%) cas en Wallonie, et 5.164 (10%) cas à Bruxelles.
  • Tous les tests sont désormais comptabilisés: 16.729 tests réalisés en 24 heures, la capacité de testing demandée est donc enfin assurée.

Problèmes collatéraux

Le SPF Santé Publique a mis en lumière un nouveau problème lié à l’épidémie: la peur de consulter un médecin, ce qui entraîne une détérioration de la santé générale des personnes pour d’autres raisons que le coronavirus. Il faut donc désormais reprendre ses habitudes et ne pas hésiter à consulter son médecin traitant.

Toutefois, il faut d’abord lui téléphoner avant de s’y rendre, afin d’éviter une salle d’attente bondée et une possible contamination des autres patients. Si vous devez prendre des médicaments, mieux vaut également téléphoner à votre médecin traitant ou à votre pharmacien. En cas de douleurs importantes ou d’une urgence, il ne faut pas hésiter à contacter le 112.

Utiliser le masque

Le virologue Yves Van Laethem a ensuite expliqué clairement comment mettre un masque, maintenant qu’ils sont obligatoires pour toute personne de plus de 12 ans dans les transports en commun.

  1. Il faut d’abord se laver les mains: savon + eau ou liquide hydroalcoolique.
  2. Prendre le masque par les élastiques ou les rubans.
  3. Couvrir les voies respiratoires: nez et bouche, et aller en dessous du menton.
  4. Ajuster en touchant le moins possible.
  5. Ne plus le toucher quand on le porte – s’il glisse, le prendre par les côtés – car il pourrait être contaminé.
  6. Pour l’enlever, le retirer par les élastiques et le jeter ou le mettre sur le côté avant de le laver.
  7. Se laver les mains.

Le masque peut être porté pendant 8 heures ou 4 heures si l’on parle beaucoup, dans le cas par exemple d’un professeur. S’il est souillé par de l’eau, il faut directement le changer. Pour le laver, vous pouvez le mettre à 60°C avec votre lessive normalement ou le mettre dans une casserole avec de l’eau frémissante. Vous pouvez aussi le repasser avec un fer chaud.

Des tests enfin en augmentation

Durant dernières semaines, on a surtout tester les personnes sévèrement malades et se présentant à l’hôpital. Par la suite, on a étendu ces tests aux personnes dans les maisons de repos et à toute personne entrant à l’hôpital, quelle que soit la raison.

A partir de cette semaine, on étendra ce testing à toutes les personnes qui présentent des symptômes compatibles avec le coronavirus. ‘Ce n’est pas une maladie simple, il faut donc étendre ces tests à des symptômes plus nuancés: perte du goût, de l’odorat, fatigue très importante, température, douleurs musculaires’, indique Yves Van Laethem.

Dans ce contexte, le SPF Santé demande donc à la population de téléphoner à son médecin traitant, et surtout de ne pas aller chez lui. Il décidera si oui ou non il faut réaliser un test et enverra la personne vers un centre de prélèvement ou dans son cabinet s’il a la possibilité de faire le test.

‘La Belgique est capable de faire 15.000 à 20.000 tests par jour actuellement. C’est ce qui a été le cas durant les derniers jours. La capacité de 25.000 tests ne doit pas poser problème dans les jours qui viennent. Et la montée en puissance sera possible à ce moment-là s’il est nécessaire au vu éventuellement d’une augmentation des personnes présentant des symptômes.’

Vers la fin de l’épidémie?

Au début de l’épidémie, le taux de reproduction du virus était de 2 à 3. Il a ensuite diminué progressivement pour atteindre 0,79 la semaine du 20 au 26 avril. Les dernières valeurs montrent que ce chiffre continue à descendre, les patients sont donc susceptibles de contaminer de moins en moins de personnes. Les derniers résultats disponibles montrent qu’il est tombé à 0,6.

Il convient donc de se demander si nous nous dirigeons vers la fin de l’épidémie. Celle-ci se définit par l’absence de nouveaux cas cliniques pendant un laps de temps qui équivaut à deux fois la période d’incubation, qui se porte à 14 jours. Il faudrait donc que l’on ait 28 jours sans cas sur le territoire belge. ‘Avec ce virus, il est peu probable que l’on n’ait pas de nouveaux cas pendant cette période. L’épidémie ne sera donc pas terminée avant plusieurs mois, il faudra vivre avec elle pendant un certain temps, même si elle est affaiblie’, a répété Yves Van Laethem.

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