La Belgique souhaite développer, en collaboration avec l’Espagne et l’Allemagne, un système permettant de ravitailler en vol les drones militaires


Principaux renseignements

  • La Belgique, l’Allemagne et l’Espagne souhaitent automatiser le ravitaillement en vol des avions militaires à l’aide de la méthode « tuyau et drogue ».
  • Cette initiative donne la priorité aux transferts de carburant destinés aux véhicules aériens sans pilote.
  • De nouvelles technologies de navigation permettront aux aéronefs de se suivre mutuellement sans GPS.

La semaine dernière, la Belgique, l’Allemagne et l’Espagne sont entrées dans la deuxième phase d’une initiative de recherche menée par l’Agence européenne de défense (AED). Ce projet se concentre sur l’automatisation de la méthode de ravitaillement en vol par tuyau et drogue pour l’aviation militaire, avec pour objectif ultime de faciliter les transferts de carburant entre des plateformes sans pilote.

S’appuyer sur les premiers succès

La phase actuelle, dotée d’un budget d’environ 8 millions d’euros, s’inscrit dans le prolongement d’une première collaboration entre l’Espagne et l’Allemagne en 2022. Cette phase préliminaire avait fait appel à un F-18 espagnol, un Tornado allemand et un Airbus A330 MRTT pour confirmer que le ravitaillement automatisé était techniquement possible.

Au cours de ces premiers essais, les ingénieurs ont mis au point des systèmes de stabilisation de la drogue et ont utilisé un système de suivi par caméra pour surveiller à la fois l’avion ravitailleur et l’avion ravitaillé.

L’accent est mis sur les systèmes sans pilote

Alors que la première phase était axée sur les avions pilotés, cette nouvelle itération donne la priorité aux défis liés au ravitaillement des véhicules aériens sans pilote (UAV).

Plus précisément, le consortium vise à résoudre les complexités techniques liées à la gestion simultanée de plusieurs drones récepteurs à partir d’un seul avion ravitailleur. Cet effort est considéré comme essentiel pour renforcer l’interopérabilité des forces aériennes de l’OTAN et européennes.

Sur le plan technologique, le projet étudiera la navigation relative, qui permet aux aéronefs de suivre leurs mouvements les uns par rapport aux autres sans dépendre uniquement du GPS. En outre, les recherches porteront sur les capteurs d’image avancés, la connectivité des ressources et le matériel informatique nécessaire à l’exécution des algorithmes de suivi.

Trois étapes

Le processus de développement est divisé en trois étapes distinctes :

  1. Simulation de scénarios de ravitaillement impliquant plusieurs aéronefs.
  2. Utilisation de bras robotiques en laboratoire pour reproduire l’interaction physique entre le récepteur et le tuyau.
  3. Réalisation d’essais en vol et au sol afin de collecter des données de performance en conditions réelles.

Partenariats stratégiques et mise en œuvre

L’Espagne, qui considère le ravitaillement en vol comme une priorité stratégique dans le cadre de son plan d’innovation ETID 2026, dirige cette phase. Ce partenariat rassemble un groupe diversifié d’acteurs de l’industrie et de la recherche, tels que GMV et Airbus Defence and Space (Espagne), AES Technology et le Centre aérospatial allemand (DLR) (Allemagne), ainsi que l’Institut Von Karman et ScioTeq (Belgique). Pour les prochains essais en vol, un avion expérimental du DLR fera office de récepteur, tandis qu’un Airbus A330 MRTT espagnol servira d’avion ravitailleur. (fc)

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