Principaux renseignements
- La Belgique envisage d’annuler sa commande de navires de guerre en raison d’un doublement des coûts et de retards de livraison.
- Damen est confrontée à des défaillances systémiques après que l’Allemagne a également annulé un contrat de plusieurs milliards d’euros portant sur des frégates.
- Des enquêtes judiciaires pour corruption et violation des sanctions menacent les futurs contrats publics de l’entreprise.
Le chantier naval néerlandais Damen risque de perdre un contrat portant sur deux navires de guerre, la Belgique réévaluant actuellement sa commande. Cette situation fait suite à un revers similaire survenu récemment, lorsque l’Allemagne a annulé un contrat portant sur six frégates.
Selon le ministre belge de la Défense, Theo Francken, l’acquisition de frégates de lutte anti-sous-marine (ASWF), destinées à remplacer les frégates de type M vieillissantes, est devenue problématique en raison de coûts excessifs et de délais prolongés.
Hausse des coûts
Le ministre Francken a indiqué que le prix des navires était passé de 600 millions d’euros à 1,3 milliard d’euros, la première livraison n’étant pas prévue avant 2033 au plus tôt. La flotte belge actuelle arrivant en fin de vie opérationnelle, le gouvernement ne peut se permettre d’attendre une décennie.
Par conséquent, le ministre étudie d’autres chantiers navals en Turquie, en Italie, en Espagne, en Allemagne et en France afin de trouver un calendrier de livraison plus efficace ; une décision finale est attendue en octobre.
Parallèles avec l’annulation allemande
Bien que le ministre ait exprimé sa préférence pour le maintien du contrat avec Damen, la charge financière et les retards dans le calendrier sont prohibitifs. Ces problèmes reflètent les raisons pour lesquelles l’Allemagne a annulé son accord de 18 milliards d’euros avec l’entreprise.
Selon des informations de la NOS, ces complications découlent de la nécessité de repenser la conception des navires afin d’y intégrer des armements en évolution rapide. En réponse à l’annulation allemande, Damen a indiqué qu’elle demanderait une compensation financière.
Batailles juridiques
Au-delà de ces difficultés contractuelles, Damen est empêtrée dans des controverses juridiques. L’entreprise fait l’objet d’une enquête pour avoir prétendument versé des pots-de-vin à des fonctionnaires étrangers afin de décrocher des contrats et est soupçonnée d’avoir contourné les sanctions imposées à la Russie.
Une décision de justice concernant les accusations de corruption pourrait être dévastatrice, risquant d’empêcher l’entreprise de remporter des marchés publics néerlandais pendant plusieurs années. L’impact d’un retrait belge sur la stabilité de l’entreprise reste incertain.
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