L’Espagne souhaite obtenir davantage de fonds européens pour l’adaptation au changement climatique


Principaux renseignements

  • L’Espagne exhorte l’UE à passer de mesures climatiques réactives à une stratégie proactive en matière de résilience climatique.
  • Les mécanismes de financement proposés comprennent une dette commune de l’UE ou des taxes sur les bénéfices tirés du pétrole et du gaz.
  • Des objectifs d’adaptation obligatoires doivent protéger les infrastructures critiques, l’agriculture et la biodiversité.

L’Espagne exhorte la Commission européenne à faire de l’adaptation au changement climatique une priorité absolue pour la stabilité économique et la sécurité régionale. Selon des documents internes, Madrid estime que l’Union européenne doit passer d’une attitude réactive à une stratégie proactive, compte tenu de l’escalade des coûts financiers et humains liés aux phénomènes météorologiques extrêmes. C’est ce que rapporte Euronews.

Cette pression intervient alors que l’UE élabore un cadre de résilience climatique qui devrait être publié d’ici la fin de l’année ; l’Espagne estime que ce cadre doit prévoir des obligations plus strictes après une saison marquée par de graves sécheresses, des incendies de forêt et des vagues de chaleur.

L’Espagne plaide en faveur d’un fonds européen pour le climat

Afin de financer ces efforts, l’Espagne tente d’orienter le budget pluriannuel de l’UE pour la période 2028-2034 en proposant la création d’un fonds européen spécialisé dans l’adaptation au changement climatique. Le gouvernement espagnol propose différents mécanismes de financement, notamment l’émission d’une dette commune de l’UE ou l’instauration d’une taxe sur les bénéfices des compagnies gazières et pétrolières.

Dans une communication adressée au commissaire Wopke Hoekstra, l’Espagne a plaidé en faveur d’une stratégie holistique intégrant l’évaluation des risques dans la planification des investissements et renforçant les capacités communes d’aide d’urgence de l’Union.

Bilan humain et économique

Un été catastrophique dans toute l’Europe rend cette demande plus urgente que jamais. Les données montrent que la canicule a causé environ 30 000 décès, tandis que les incendies de forêt ont ravagé plus de 600 000 hectares, soit plus du double de la moyenne des vingt dernières années.

De plus, les pénuries d’eau sur le Rhin et le Danube ont entravé le commerce et contraint à la fermeture de centrales nucléaires en Roumanie et en Hongrie.

Objectifs obligatoires

La ministre espagnole Sara Aagesen, chargée de l’énergie et de l’environnement, a déclaré qu’un diagnostic précis des risques climatiques aux niveaux régional, national et européen était essentiel pour protéger les générations futures. L’Espagne plaide en faveur de la mise en place d’objectifs d’adaptation contraignants, axés spécifiquement sur la biodiversité, l’agriculture, la santé, la gestion de l’eau et les infrastructures.

Par ailleurs, Madrid propose d’adapter les directives européennes en matière d’investissement afin que les projets soient évalués non seulement en fonction de l’absence de dommages environnementaux, mais aussi en fonction de leur capacité à résister aux futures menaces climatiques.

Réforme de la gestion des catastrophes

En matière de gestion des catastrophes, l’Espagne propose de transformer l’actuel système rescEU de protection civile en un organisme permanent dédié aux urgences climatiques.

Cela impliquerait la mise en place de protocoles communs, de réseaux de données intégrés et d’une flotte commune d’avions bombardiers d’eau et de matériel de secours.

Lutte pour un consensus budgétaire

L’aspect le plus controversé de la proposition reste son financement. Alors que certains écologistes ont déploré le détournement des fonds du programme LIFE vers le Fonds européen pour la compétitivité, l’Espagne fait valoir que la résilience est essentielle à la compétitivité et à la sécurité. Le commissaire Hoekstra a souligné que les dégâts causés par les feux de forêt pourraient à eux seuls dépasser les 70 milliards d’euros.

Alors que la présidence irlandaise s’efforce de parvenir à un compromis budgétaire en vue du prochain sommet d’octobre, l’accord final devra recueillir le consentement unanime des 27 États membres et être approuvé par le Parlement européen. (lv)

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