Principaux renseignements
- La baisse des prix du pétrole laisse entrevoir une éventuelle pause dans les hausses des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE).
- Les analystes de marché s’attendent à moins de hausses, les coûts énergétiques contribuant à modérer l’inflation.
- Certains responsables de la BCE mettent en garde contre tout relâchement de vigilance malgré les avancées géopolitiques.
Les récentes avancées diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran ont entraîné une baisse significative des cours du pétrole, ce qui a conduit plusieurs analystes financiers à revoir à la baisse leurs prévisions concernant les futures hausses des taux d’intérêt de la BCE. C’est ce qu’écrit Bloomberg. Oxford Economics a récemment annoncé qu’elle ne prévoyait pas de nouvelles hausses des taux après la première hausse intervenue depuis 2023. Selon Oliver Rakau, économiste en chef de la société pour l’Allemagne, la chute soudaine des coûts énergétiques a freiné la flambée initiale de l’inflation. De plus, M. Rakau a souligné que le ralentissement du marché du travail et la faiblesse de la demande réduisent la probabilité de pressions inflationnistes secondaires importantes, ce qui suggère que la BCE est désormais plus encline à marquer une pause dans son cycle de resserrement monétaire.
Baisse des prix du pétrole
Cette tendance est partagée par d’autres institutions ; Capital Economics a revu ses prévisions à la baisse pour tabler désormais sur une seule hausse, et des sociétés telles que RBC Capital Markets et Nomura ont également revu à la baisse le nombre de hausses attendues.
Ce revirement intervient alors que les cours du Brent sont tombés sous la barre des 72,48 dollars le baril — niveau observé avant le début du conflit —, sous l’effet de la reprise des flux pétroliers via le détroit d’Ormuz.
Perspectives prudentes au sein de la BCE
Malgré ces évolutions du marché, certains responsables de la BCE restent prudents. Isabel Schnabel, membre du directoire, a souligné que des mesures supplémentaires pourraient s’avérer nécessaires pour ramener l’inflation de 3,2 pour cent à l’objectif souhaité de 2 pour cent.
Tout en reconnaissant les développements géopolitiques positifs, Schnabel a averti que les dommages subis par les infrastructures énergétiques et les problèmes d’approvisionnement à long terme pourraient entraîner un maintien des prix à un niveau élevé, estimant qu’un cessez-le-feu ne devait pas conduire à un relâchement de la politique monétaire.
Prévisions des experts sur les taux d’intérêt
D’autres experts suggèrent que la BCE pourrait encore s’inquiéter des répercussions des précédentes flambées des prix de l’énergie sur l’économie. Christian Keller, de Barclays, a estimé que, bien qu’une nouvelle hausse soit possible, il y a de fortes chances que la banque s’arrête à 2,5 pour cent.
De même, RBC Capital Markets prévoit une dernière hausse en septembre. Si Nomura prévoit toujours deux hausses supplémentaires d’ici la fin de l’année, la société a abandonné la hausse qu’elle avait précédemment anticipée pour début 2027.
Lagarde souligne que la BCE doit rester flexible
La présidente Christine Lagarde a réaffirmé que la BCE restait flexible et prête à adapter son approche en fonction de l’évolution de la situation, tout en précisant qu’aucune donnée ne suggérait actuellement la nécessité d’un changement de politique plus radical.
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