Le renseignement américain a terminé son enquête de 90 jours sur l’origine du coronavirus: c’est un échec

En mai dernier, Joe Biden avait chargé ses services de renseignement de mener leur propre enquête sur l’origine du coronavirus. Trois mois plus tard, le travail a pris fin. Les conclusions n’ont pas encore été rendues publiques, mais on en connaît déjà les grandes lignes.

L’enquête a été clôturée ce mardi, 90 jours après son début. D’après Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche, une version non classifiée pourrait être rendue publique dans le courant de cette semaine. Avant cela, une version un peu plus complète sera dévoilée à Joe Biden. Notons par ailleurs que celui-ci a expressément demandé à ce que le document public soit le lus déclassifié possible.

Si l’augure de la publication imminente d’un tel document pourrait réjouir, il ne faut toutefois pas s’attendre à grand chose. En effet, d’après les plus grands médias américains, les services de renseignement n’ont tout simplement pas réussi à conclure que l’une des pistes explorées – à savoir une origine naturelle chez un animal ou un accident de laboratoire à l’Institut de virologie de Wuhan – était plus plausible qu’une autre.

CNN indique même que vendredi dernier, soit quatre jours avant la fin de l’enquête, certaines agences de renseignement étaient toujours hésitantes et changeaient l’hypothèse qu’elles privilégiaient.

A quoi faut-il s’attendre ?

De l’avis des responsables des différentes agences de renseignement, 90 jours pour déterminer l’origine du coronavirus était un délai trop court. Le 24 août constituait toutefois une date que la Maison Blanche et la directrice du renseignement national, Avril Haines, tenaient absolument à respecter.

Conclusion, CNN indique que le rapport n’aura « rien de révolutionnaire ». A plusieurs reprises, rapporte le New York Times, des fonctionnaires actuels et anciens ont prévenu que la recherche sur les origines précises de la pandémie pourrait être plus une tâche pour les scientifiques que pour les espions. Pour son enquête, le renseignement a donc décidé de se lier davantage à la communauté scientifique. Mais ça n’aura pas été suffisant.

Le fait qu’aucune hypothèse ne se démarque malgré trois mois de travail acharné de la part des agences de renseignement américaines témoigne de la difficulté de la tâche. Et des efforts employés par la Chine pour compliquer les recherches. Arguant depuis le début de la pandémie que le coronavirus était d’origine naturelle, Pékin a toujours manqué de transparence, se montrant avare en partage d’informations.

Pour rappel, lors de leur enquête à Wuhan plus tôt cette année, les experts de l’OMS avaient placé la piste de la contamination via un animal proche de l’homme comme étant la plus probable. Une conclusion tirée d’une enquête souvent critiquée pour avoir été soumise à une très forte pression chinoise.

Cet été, l’agence onusienne a toutefois semblé changer son cheval de bataille, donnant davantage de crédit à l’hypothèse de l’accident de laboratoire. Elle a demandé à organiser une nouvelle enquête en Chine, mais s’est heurtée au refus de Pékin.

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