Kushner rencontre le chef du Hamas pour relancer le cessez-le-feu à Gaza


Principaux renseignements

  • L’envoyé américain et gendre de Trump, Jared Kushner, a rencontré des dirigeants du Hamas en Égypte afin de relancer un plan de désarmement et de retrait soutenu par les États-Unis.
  • Israël et le Hamas restent dans l’impasse quant à l’ordre des retraits de troupes et des remises d’armes.
  • Les grandes puissances régionales considèrent désormais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu comme le principal obstacle à la paix.

Dans le cadre d’une initiative diplomatique stratégique visant à redonner vie au cessez-le-feu qui s’est enlisé à Gaza, Jared Kushner, l’émissaire américain et gendre du président américain Donald Trump, a tenu dimanche en Égypte une rencontre exceptionnelle avec le dirigeant politique du Hamas. Cette rencontre a servi de prélude aux discussions prévues lundi entre Jared Kushner et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Au total, la rencontre a duré plus de deux heures et des représentants de la Turquie, du Qatar et de l’Égypte y ont assisté.

La feuille de route vers le désarmement

L’objectif principal de ces manœuvres diplomatiques est de sauver un plan en 15 points pour Gaza soutenu par les États-Unis. Ce plan vise à faciliter le désarmement du Hamas en échange d’un retrait militaire israélien. Les responsables du Hamas affirment être prêts à poursuivre la période de négociation de 14 jours afin de définir un calendrier. Ils insistent toutefois pour qu’Israël cesse d’abord son offensive militaire et se retire jusqu’à une frontière non précisée, connue sous le nom de « ligne jaune ». À l’heure actuelle, les troupes israéliennes occupent environ 60 pour cent de l’enclave, alors que Netanyahou avait précédemment fait part de son intention d’étendre ce contrôle à 70 pour cent.

Réactions régionales et tensions politiques

Les tensions se sont intensifiées après que Netanyahou a publiquement rejeté la feuille de route proposée par les États-Unis. Une décision qui marque un cas rare de désaccord ouvert avec l’administration Trump. Ce rejet a suscité de vives critiques de la part d’une coalition de puissances régionales, parmi lesquelles les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Jordanie, le Pakistan et l’Indonésie. Dans une déclaration commune, ces pays ont affirmé qu’Israël constituait désormais le principal obstacle à la paix. Ils ont exhorté les États-Unis et le Conseil de paix à prendre des mesures énergiques pour garantir la mise en œuvre du plan.

L’impasse fondamentale

Le cadre proposé exige que le Hamas remette son armement à un comité technocratique palestinien. Cependant, l’impasse persiste. Le Hamas a subordonné la remise de ses armes les plus lourdes à la création d’un État palestinien, une exigence que le gouvernement israélien refuse de satisfaire. À l’inverse, Netanyahou maintient qu’aucune troupe israélienne ne se retirera tant que le Hamas n’aura pas été entièrement désarmé.

Pressions politiques

Cette impasse diplomatique survient à un moment crucial pour le Premier ministre israélien. À l’approche des élections législatives du 27 octobre, il doit naviguer dans un paysage politique instable. Sous la pression de partenaires de coalition partisans de la ligne dure et à l’approche de la commémoration des attentats du 7 octobre, Netanyahou a accusé les pays arabes de vouloir saper son autorité afin de porter au pouvoir un gouvernement plus conciliant. Pendant ce temps, la crise humanitaire se poursuit. Le ministère de la Santé de Gaza fait état de plus de 1 200 morts et 4 100 blessés depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre 2025. (ev)

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