Principaux renseignements
- Israël construit un immense mur de terre pour couper la bande de Gaza en deux.
- Des zones de sécurité high-tech renforcent cette frontière afin d’empêcher toute infiltration.
- L’application meurtrière de la ‘ligne jaune’ entraîne la mort de civils qui tentent de franchir cette ligne de démarcation.
Des données satellitaires révèlent que l’armée israélienne érige rapidement un immense mur de terre pour diviser en deux la bande de Gaza. Cette barrière sépare les zones actuellement sous administration israélienne du reste du territoire, divisant de fait cette petite enclave. La construction s’étend sur plus de 23 kilomètres, soit plus de la moitié de la longueur totale de la bande côtière, et a été érigée à travers divers quartiers palestiniens démolis.
Une évolution vers la permanence
L’armée israélienne a confirmé à l’Associated Press que cette structure suit la ‘ligne jaune’, une frontière établie lors de l’accord de cessez-le-feu d’octobre. Alors que cette division était censée être une mesure temporaire jusqu’au retrait complet des forces israéliennes, la poursuite des travaux suggère une installation plus permanente. Cela a suscité des inquiétudes parmi les Palestiniens, qui craignent que cette ligne ne devienne une frontière officielle. Malgré ces développements, les responsables du Commandement central américain et du Conseil pour la paix dirigé par Trump ont refusé de commenter l’objectif de ce mur.
Zones de sécurité high-tech
En complément de la barrière, l’armée a mis en place une ‘zone de sécurité’ dotée d’outils de surveillance et de renseignement de haute technologie. Les responsables affirment que l’objectif est de protéger les soldats israéliens et les communautés voisines en empêchant toute infiltration, bien qu’ils aient refusé de dévoiler l’étendue totale prévue du mur.
Le rythme des travaux a été rapide. Par exemple, dans le sud de Gaza, un tronçon du remblai est passé de 500 mètres à 2,4 kilomètres en seulement deux semaines en juillet, isolant les ruines de Rafah des camps de tentes de Muwasi. Ce tronçon devrait rejoindre un tronçon plus long, de 17 kilomètres, qui s’étend de Khan Younis vers la ville de Gaza. D’autres barrières distinctes sont également apparues près de la ville en ruines de Beit Lahia, au nord.
Le paysage de la destruction
Le territoire du côté de la ligne qu’Israël contrôle a subi de graves destructions. Les images satellites montrent des bâtiments rasés et des terres agricoles détruites. Plusieurs villes, dont Rafah, ont presque disparu. À leur place, l’armée a construit de nouvelles bases et des réseaux routiers, affirmant que ces actions visent les infrastructures du Hamas.
La frontière meurtrière
La ‘ligne jaune’ elle-même reste vaguement définie, ce qui entraîne une confusion mortelle. Alors que l’armée affirme que la barrière sert à marquer la frontière afin de prévenir les accidents, des rapports indiquent que des soldats ont tué des civils, y compris des enfants, qui avaient franchi la ligne par inadvertance. Certains militaires ont admis avoir agi sur ordre de tirer sur toute personne franchissant la frontière.
Impasse du cessez-le-feu
La violence a persisté malgré le cessez-le-feu : plus de 1 100 Palestiniens ont été tués par des frappes aériennes et des drones israéliens, tandis que cinq soldats israéliens ont trouvé la mort lors d’attaques menées par des militants. Bien que l’accord initial prévoyait qu’une force de sécurité internationale remplace les troupes israéliennes, le processus est au point mort. Un ancien diplomate de l’ONU a attribué cette impasse au refus du Hamas de déposer les armes, tandis que le Hamas affirme qu’Israël est la partie qui viole la trêve.
Ce conflit trouve son origine dans les attaques menées le 7 octobre 2023 par des militants dirigés par le Hamas, qui ont fait environ 1 200 morts et pris 251 otages. La campagne militaire israélienne qui a suivi a entraîné plus de 73 000 morts, selon le ministère de la Santé de Gaza, les femmes et les enfants représentant environ la moitié des victimes.
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