Kim Yo-jong, la sœur pas si discrète de Kim Jong-un

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Personne ne sait vraiment si Kim Jong-un est décédé. Mais son état de santé fait la Une de la presse internationale suite à une opération au cœur qui aurait mal tourné. Sa succession est au centre de toutes les spéculations. Un nom ressort en la personne Kim Yo-jong, la sœur cadette du dictateur nord-coréen.

Certains médias sud-coréens affirment que Kim Jong-un est en bonne santé. Pour d’autres, qui relaient principalement une source de Hong Kong, le dictateur nord-coréen serait sur son lit de mort. Ce n’est pas la première fois que l’on annoncerait la mort du plus grand fan de Dennis Rodman. La prudence est donc de mise.

La vérité, comme aime à le rappeler sur son compte Twitter Antoine Bondaz, professeur à Sciences Po Paris et spécialiste de la Corée du Nord et de la Chine, c’est que ‘nous ne savons rien de l’état réel de Kim Jong-un.’

Le chercheur s’inquiète toutefois de la mort potentielle du leader nord-coréen qui ouvrirait selon lui ‘la boîte de Pandore’. Car si les dirigeants savent grosso modo à qui ils ont affaire avec Kim Jong-un, l’incertitude n’est jamais bonne en géopolitique.

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Mais cela n’empêche toutefois pas gouvernements et spécialistes de spéculer et d’avancer des noms. Les enfants de Kim Jong-un sont encore trop jeunes tandis que son demi-frère, Kim Jong-nam, tombé en disgrâce, a été retrouvé mort empoisonné en 2017 à Kuala Lumpur en Malaisie. Son frère aîné, lui, ne semble pas intéressé et n’est pas une priorité comme la montré la nomination de Kim Jong-un en 2011.

Profil

Un média japonais pense savoir qui tient le rôle de favorite: Kim Yo-jong, sœur cadette de Kim Jong-un, aurait été nommée officiellement comme héritière par le Comité central du parti unique.

Âgée d’un peu plus de 30 ans (26 septembre 1987), on a déjà pu l’apercevoir aux Jeux olympiques d’hiver de Séoul, en Corée du Sud, lors d’une période de réchauffement entre les deux pays, c’était en 2018.

Durant le JO d’Hiver de Séoul en 2018 – EPA-EFE/YONHAP SOUTH KOREA OUT

Elle était également en première ligne lors des deux rencontres que le dirigeant nord-coréen a eues avec Donald Trump l’année dernière. Par ailleurs, le président américain a pour le moment nié la mort de son ‘ami’.

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On sait aussi que le pays est dirigé depuis 70 ans par une dynastie qui aurait 5.000 ans et dont la famille Kim serait l’héritière. Ce bon vieux culte de la personnalité, dont Kim Yo-jong aurait justement été chargée en 2015. Deux ans plus tard, elle deviendra membre suppléante du Bureau politique, organe de décision du Parti des travailleurs.

Sa scolarité, elle l’a passée en Suisse comme ses deux frères aînés. Décrite sans surprise comme ‘la femme la plus puissante de Corée du Nord’, elle a gravi les échelons, bénéficiant de responsabilités de plus en plus importantes. Elle est maintenant la première conseillère de son frère et jouit de sa totale confiance.

Reste qu’elle est femme, l’un des freins à son accession au pouvoir suprême, dans un pays qui fait la gloire à la virilité. Il lui faudra de toute façon convaincre l’appareil central du parti et l’élite nord-coréenne. Car le pouvoir se négocie: ‘Il ne suffit pas d’être le fils de, le pouvoir se négocie en amont avec les élites qui veulent avant tout s’assurer de pouvoir garder leurs privilèges et leurs avantages’, commente Antoine Bondaz dans les Echos.