Quand vous achetez du bitcoin sur Binance, Kraken, Coinbase… cette fintech belge n’est jamais loin

Trouver des cryptomonnaies dès qu’on souhaite en acheter n’a rien de naturel, même sur les incontournables plateformes d’échange. Dans les coulisses des Binance et autres grands noms de l’industrie, opèrent discrètement les algorithmes de Keyrock, une start-up bruxelloise.

Le monde de la finance est communément stigmatisé par ses excès et, en son sein, l’écosystème du bitcoin attire immodérément les attaques. Alors, qu’une start-up belge se spécialise dans le trading algorithmique de cryptomonnaies ressemble presque à du masochisme entrepreneurial.

Pourtant, il n’en est rien comme l’a démontré l’intervention de Kevin de Patoul lors de la Brussels Blockchain Conference (lire la description de l’événement ci-dessous). Le cofondateur et CEO de Keyrock a amené un point de vue très concret sur le fonctionnement de ce marché des actifs numériques qui ne connaît ni frontière ni temps d’arrêt et la raison d’être d’une start-up comme la sienne.

Déjà un beau palmarès

Fondée il y a un peu plus de trois ans et soutenue par l’incubateur Start IT de KBC, la jeune fintech bruxelloise enregistre depuis une forte croissance et compte aujourd’hui une petite soixantaine de collaborateurs. Actuellement non régulée, elle entretient des relations avec les autorités en Belgique et en Angleterre.

Société de trading, Keyrock couvre plus de 240 marchés cryptos sur laquelle elle intervient 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Elle compte une trentaine de clients qui sont soit des plateformes d’échange, soit des émetteurs de crypto-actifs.

Au niveau de ses solutions digitales, Kevin de Patoul revendique « des créations 100% in-house ». Autrement dit, tout est fait maison et sous propriété intellectuelle. La start-up a déjà collecté 15 terabytes de données de marché uniques (l’équivalent de 600 Blu Ray) et ouvert plus de 4 milliards d’ordres de transaction.

Ceci n’est pas un fonds d’investissement

La question qu’on lisait assez clairement dans le regard de l’assemblée : mais que fait Keyrock en pratique ? La fintech belge utilise ses technologies pour fournir des liquidités aux marchés cryptos.

« Très concrètement, si vous vous connectez demain à un exchange, que ce soit Binance, Coinbase, Kraken, etc., et que vous voulez acheter ou vendre un actif numérique, vous allez vouloir le faire à un certain prix. Il se trouve que ce n’est pas naturel qu’il y ait automatiquement quelqu’un d’autre dans le monde qui, à ce moment-là, veuille faire l’opération inverse au même prix. Et c’est là qu’interviennent les fournisseurs de liquidités », a expliqué le CEO de Keyrock.

Et d’ajouter: « Si vous voulez acheter des bitcoins sur ces plateformes, il y aura très certainement un de nos algorithmes qui entrera en jeu. Nos algorithmes tournent en permanence pour permettre aux traders de facilement entrer ou sortir d’une position ».

Et la blockchain dans tout ça ?

Ce service de liquidité, c’est du market making, consiste s’assurer que la machine financière soit bien huilée. Une mécanique déjà à l’œuvre sur les places financières traditionnelles. À côté, la start-up fournit également du request for quote (RFQ), un service pour les institutions (courtiers, banques, hedge-funds) qui souhaitent réaliser une grosse transaction sur un actif digital et qui plutôt que de passer par des plateformes individuelles vont passer par Keyrock afin d’obtenir un meilleur prix. Un troisième service dit d’exécution optimale permet à ces institutions d’étendre cette grosse transaction RFQ sur un certain temps, dans le but de profiter du prix intéressant le plus longtemps possible.

Bitcoin, ether, solana, polkadot… Tous ces actifs numériques que canalise Keyrock reposent sur des blockchains. Ces tokens et cryptomonnaies vont être tradés sur des plateformes d’échange, centralisées ou décentralisées. La fintech bruxelloise se connecte à ces plateformes pour fournir les services de liquidité. Donc Keyrock ne va pas systématiquement développer des solutions blockchain dans ses propres produits mais doit s’y adapter pour communiquer avec ces cryptobourses.

Unir décideurs politiques et entrepreneurs autour de la blockchain

Convaincus d’être « à l’aube d’une révolution du même ordre que ce qu’on a connu avec Internet il y a 30 ans », Raoul Ullens, entrepreneur qui a récemment rejoint le fonds de capital-risque luxembourgeois dédié à la crypto Noia Capital, et Christophe De Beukelaer, entrepreneur et député bruxellois cdH, ont lancé la « Brussels Blockchain Conference » première du nom.

« On pense que c’est notre rôle d’homme politique et d’entrepreneur engagé de conscientiser les dirigeants sur ces changements sociétaux qui arrivent. On ne peut plus rester dans l’ignorance de ce nouveau monde! C’est un peu comme s’accrocher à la calèche ou à la bougie alors qu’apparaissent les voitures et les ampoules électriques. L’adoption va être exponentielle », affirment en choeur les deux organisateurs.

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