Joe Biden écarte Moncef Slaoui, le ‘Monsieur vaccin’ belgo-marocain des États-Unis

Moncef Slaoui, patron de la vaccination américaine, a rendu sa démission – AP Photo/Alex Brandon

Moncef Slaoui, le coordinateur du projet américain de vaccination Warp Speed, sera au chômage dès la semaine prochaine. Le président entrant Joe Biden lui a demandé de démissionner.

La chaîne américaine CNBC a appris que Moncef Slaoui a remis sa démission suite à la demande de Joe Biden. Il continuera toutefois à aider à la transition pendant encore un mois.

On ne sait pas encore qui le remplacera. Biden a déjà annoncé que l’ancien homme d’affaires Jeff Zients dirigera la task force coronavirus et que Bechara Choucair, qui a un passé dans les soins de santé, s’occupera de la distribution des vaccins. Mais on ne sait pas encore qui prendra en charge l’aspect scientifique de la question.

Un exploit fulgurant

Slaoui a réalisé un exploit l’année dernière avec l’opération Warp Speed: grâce aux subventions et à une assistance scientifique, plusieurs entreprises, dont Moderna et Johnson&Johnson, ont réussi à mettre au point un vaccin contre le Covid-19 en moins d’un an. Mais maintenant que deux vaccins ont été approuvés, celui de Moderna et celui de Pfizer, et que quelques autres sont dans leurs dernières phases de test, ces efforts peuvent passer au second plan. Slaoui a lui-même déjà indiqué dans des interviews que ‘sa valeur ajoutée diminuait’.

L’homme d’origine marocaine a également passé un petit bout de temps en Belgique. Il a étudié la biologie à l’Université de Bruxelles (ULB) et a travaillé pendant près de 30 ans comme fabricant de vaccins pour la société pharmaceutique GSK et comme chargé de cours à l’Université de Mons. Il s’est ensuite rendu aux États-Unis pour travailler pour la branche américaine de la société.

Critiques

Juste avant de devenir le patron de la vaccination américaine, Slaoui avait occupé un poste au sein du conseil d’administration de Moderna. Cela lui a valu de vives critiques au début de son mandat. Il a alors vendu toutes ses actions dans la société et a fait don de ses bénéfices à des œuvres de charité. Il a toutefois refusé de se débarrasser de sa participation dans GSK. L’ancienne candidate démocrate à la présidence, Elizabeth Warren l’avait particulièrement pris pour cible.

Slaoui a récemment enregistré une vidéo dans laquelle il a déclaré qu’il ne se souciait pas de l’argent et qu’il était impossible de s’enrichir avec le projet Warp Speed. Selon les médias américains, il n’a été payé que 1.000 dollars pour l’ensemble de son mandat en tant que président de l’opération.

Slaoui a également précisé que, bien que détenteur d’une carte de parti chez les démocrates, il n’a jamais hésité à accepter le poste proposé par un président républicain ‘parce que cette pandémie est plus importante que tout le reste’.