Injuste ? La réponse de l’UE à la crise du coronavirus a déçu de nombreux Européens

Pour une majorité de ses ressortissants, l’Union européenne a échoué dans la gestion de la crise du covid-19. Cependant, ces derniers mois ont montré qu’une bonne cohésion entre les États membres était essentielle pour l’avenir.

Le Conseil européen des Affaires étrangères a réalisé un sondage dans 9 pays européens (France, Allemagne, Italie, Pologne, Portugal, Espagne, Bulgarie, Danemark et Suède). Les répondants devaient donner leur impression sur la gestion de la crise par les autorités nationales et européennes.

Au niveau européen

En moyenne, 44% des Européens considèrent que l’Union européenne a failli à ses responsabilités, seuls 12% estiment que l’UE a été à la hauteur. Ce sentiment est fortement partagé dans les régions où l’épidémie a fait de nombreux dégâts, notamment en Italie (63%), en France (61%) et en Espagne (52%). Près de la moitié des sondés pensent que la réponse européenne était tout simplement inadéquate (beaucoup sont sans avis). Selon eux, leur pays s’est retrouvé seul dans cette crise ou n’a pas su vers quel allié se tourner.

Toutefois, ce ressentiment n’a pas alimenté les rangs des eurosceptiques. La crise a montré que pour surmonter de telles crises, les membres de l’Union européenne devraient faire preuve de plus de coopération. Ils sont 68% à le penser.

Bien que les politiques européennes n’ont pas (encore) eu l’effet escompté, l’institution a démontré qu’elle pouvait avoir un véritable rôle au niveau international. Elle est maintenant vue comme une force capable de faire pression sur les autres États pour leur faire accepter nos valeurs, notamment sur le numérique ou l’environnement.

Au niveau national

Reste que l’UE a bel et bien fait tourner la planche à billets. Un grand accord sur la solidarité entre Etats est toujours en négociation. Au plan de sauvetage s’est fixé un plan de relance. Mais une grande partie des décisions sur la gestion de l’épidémie sont prises au niveau national.

Au début du confinement, les Européens semblaient satisfaits de leur chef politique. Mais en avril, la confiance chute : 61% des Français se sont dit déçu par leur président Emmanuel Macron. En Espagne, ce chiffre est de 58%. Au contraire du Danemark, de la Suède et du Portugal où les décisions des autorités très bien vues.

Avec la fermeture des frontières et les difficultés d’importations, de nombreux experts craignaient une montée du nationalisme. Il n’en fut rien. 54% des Français ont une vision plus négative du parti Front national. En Allemagne, l’extrême droite AfD n’est mieux vue que par 6% de la population.

À l’étranger

Cette crise mondiale a aussi permis de comparer notre réaction à celle d’autres pays. La Chine et les États-Unis ont été particulièrement au centre de l’actualité des derniers mois, ce qui a affecté l’opinion publique. 60% des répondants ont déclaré que leur vision de la gestion américaine s’est détériorée. Pour la Chine, ils sont 48% à avoir revu leur estime à la baisse.

Toutefois, pour les sondés italiens, la Chine et les États-Unis ont été d’une plus grande d’aide que l’Union européenne. Une opinion que ne partagent pas les autres pays participants à l’enquête.

En conclusion, les Européens manquent de confiance dans leur gouvernement et dans les institutions bruxelloises. Mais ils ont conscience qu’ensemble, les pays sont plus forts et surtout pourront s’imposer face aux deux géants, la Chine et les États-Unis.