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‘HarvardxFacebook, iStanford…’: les universités US vont s’ouvrir aux Big Tech

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18/05/2020 | Dominique Dewitte | 7 min de lecture

Scott Galloway (Isopix)

A la suite de la crise du coronavirus, les universités américaines les plus prestigieuses vont de plus en plus travailler en partenariat avec les plus grandes entreprises technologiques au monde. Mais ces dernières ne le font pas par volonté, mais par obligation. C’est ce qu’explique Scott Galloway, qui enseigne le marketing à la NYU Stern School of Business.

Scott Galloway est l’auteur du livre The four: The Hidden DNA of Amazon, Apple, Facebook, and Google. Il a souvent été invité sur les chaînes de télévision économiques américaines, CNBC et Fox Business pour ses déclarations controversées. Par exemple, il y a qualifié le tandem Zuckerberg et Sandberg, à la tête de Facebook, de ‘l’un des duos de management les plus dangereux de tous les temps’.

MIT@Google, iStanford et HarvardxFacebook

Dans une interview avec le New York Magazine, Galloway a déclaré qu’après la pandémie de coronavirus, il va falloir s’attendre à des combinaisons du style ‘MIT@Google, iStanford ou HarvardxFacebook’.

De telles collaborations permettront à ces universités, déjà très prestigieuses, d’augmenter le nombre de leurs étudiants admis grâce à leur diplôme hybride en ligne et hors ligne. Selon lui, ces diplômes vont bouleverser le monde académique jusque dans ses fondements.

Mais de ce fait, selon Galloway, ‘des centaines, voire des milliers de petites universités vont faire faillite, tandis que celles qui seront toujours debout n’accueilleront qu’un pourcent des enfants les plus riches de la Terre’.

Cependant, ces nouvelles technologies permettront à plus de jeunes d’avoir une formation de qualité, même si cela se fera en majorité par internet. Les partenariats avec les Big Tech faciliteront la vie à des centaines de millions de personnes.

En outre, selon le professeur de marketing, la crise du coronavirus va changer les règles du jeu financier des universités américaines. Les parents vont réfléchir à deux fois avant de payer 51.000 dollars pour que leur enfant y étudie. ‘S’ils passent la plupart de leur temps universitaire sur le campus pour ce prix, pourquoi pas. Mais s’ils passent la majorité de leur scolarité à la maison devant un ordinateur, hors de question.’

Un enseignement beaucoup trop cher?

Selon Galloway, le service de vidéoconférence Zoom a révélé, avec la crise, que l’enseignement universitaire était beaucoup trop cher. A court terme, cela ne posera pas de problèmes pour les universités prestigieuses de la ‘Ivy League‘ parce qu’elles fonctionnent avec des listes d’attente. Mais les plus petites universités qui ne sont pas surchargées de demandes risquent dans les prochaines semaines de connaitre une pénurie d’inscription pour l’année prochaine.

Le professeur estime que les 50 plus grandes universités des Etats-Unis pourront multiplier par 10 le nombre d’étudiants grâce aux cours en ligne. Le top 20 des universités deviendra plus grand et plus fort. Celles qui se trouvent entre la 21e et la 50e place arriveront tant bien que mal à se maintenir. Par contre, la fin du classement risque de perdre gros.

Plus de bénéfices grâce aux universités

L’impact des Big Tech sera un élément déterminant. Les plus grandes entreprises technologiques s’associeront avec les universités comme le MIT ou Standford, non par choix mais par obligation.

Scott Galloway s’explique en prenant l’exemple d’Apple. L’entreprise génère 250 milliards de dollars de revenu par an. Pour rester, les actionnaires doivent penser que les actions doubleront de prix en 5 ans. Sinon, les investisseurs se dirigeront vers ZOOM ou SalesForce. Apple n’a toutefois pas à doubler ses revenus pour doubler la valeur de ses actions. Une augmentation de 60% à 80% suffit. Cela signifie donc que l’entreprise doit fournir 150 milliards de dollars supplémentaires d’ici 5 ans. Ce ne sera pas possible avec seulement des iPhones. Il faut viser plus haut. Les plus grandes marges ne se font pas avec des smartphones, des sacs Hermès ou des Ferrari. Elles se font dans les universités.

Marges bénéficiaires

Les universités américaines font jusqu’à 90% de marges bénéficiaires, affirme encore Galloway. Cela résulte plus de la crédibilité de la marque que de la qualité de l’enseignement. Certaines universités rejettent près de 85% de leurs candidats. L’important est de savoir qui est admis et qui ne l’est pas. Les candidats sont alors filtrés jusqu’au moment où l’université est sure que l’étudiant aura un parcourt irréprochable.

Les entreprises comme Google, Apple, Facebook et Amazon font pareils, explique Galloway. Toute personne qui veut entrer dans la société est sélectionnée sur base de critères précis qui augmentent drastiquement les chances de ne pas satisfaire aux exigences de la firme.

Les universités de la ‘Ivy League’ reçoivent tellement de demandes qu’elles peuvent sans problème décupler le nombre d’inscrits. Aujourd’hui, elles doivent encore faire des choix entre d’excellents candidats qui méritent leur place. Mais à l’avenir, avec l’apprentissage en ligne, plus de jeunes seront acceptés. Une chance pour eux puisque ceux qui en sortent diplômés commencent leur carrière avec un salaire en moyenne 30% plus important que d’autres qui ont étudiés dans de plus petites universités.

Et les étudiants y gagnent encore plus à travailler directement avec Google, Apple ou Facebook. ‘Imaginez qu’Apple propose des cours de design et de créativité au MIT. Y a-t-il un intérêt à cela? Je le pense. Les entreprises technologiques prendront entièrement la charge des cours en ligne, tandis que l’université continuera de s’occuper du processus d’admission. Les étudiants payeront toujours les prix actuels des universités. Parce qu’ils auront la possibilité de travailler avec ces entreprises après leurs études. Et ils auront un salaire qui leur permettra de rembourser l’emprunt pour leur cursus.’

Source: BusinessAM


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