Principaux renseignements
- La Wallonie a bloqué le projet de Google visant à utiliser l’eau des rivières à des fins de refroidissement afin de protéger ses ressources en eau limitées.
- Le changement climatique suscite une levée de boucliers mondiale contre l’empreinte hydrique considérable des infrastructures d’IA.
François Desquesnes (Les Engagés), ministre wallon de l’Aménagement du territoire et des Infrastructures, a rejeté la demande de Google visant à utiliser l’eau de la Sambre pour le refroidissement d’un centre de données dont la construction est prévue à Farciennes.
Un seul grand centre
Alors que l’entreprise technologique avait initialement obtenu l’autorisation de construire trois installations équipées de systèmes de refroidissement par air, elle souhaitait par la suite les regrouper en un seul grand centre qui serait refroidi à l’eau de rivière.
Une instance administrative avait dans un premier temps approuvé cette modification. Le projet prévoyait le prélèvement de 600 mètres cubes d’eau par heure, dont la majeure partie se serait évaporée. Suite à une réclamation déposée par un citoyen, le ministre est toutefois intervenu et a refusé d’accorder le permis.
Pénurie d’eau
Cette décision repose sur le principe de précaution, motivée par la grave sécheresse qui frappe actuellement la Wallonie. La région est confrontée à une pénurie d’eau si aiguë que les habitants de quinze communes n’ont pas le droit de remplir leurs piscines ni d’arroser leurs jardins.
Le ministre Desquesnes a fait remarquer que la situation écologique avait changé et a souligné la nécessité de pomper d’énormes quantités d’eau des lacs de l’Eau d’Heure, ne serait-ce que pour maintenir stables les niveaux d’eau dans les rivières et les canaux locaux. C’est pourquoi il a affirmé que les conséquences du changement climatique exigeaient une approche plus stricte en matière d’utilisation de l’eau. C’est ce qu’écrite Le Soir.
Une vague mondiale de rejet des technologies
Ce conflit reflète une tendance mondiale croissante d’opposition à la forte consommation de ressources des géants de la technologie. Aux États-Unis, notamment dans l’Utah et en Arizona, des entreprises font face à une vague de contestation pour avoir épuisé des ressources en eau déjà rares dans des régions touchées par la sécheresse afin d’alimenter leurs infrastructures d’intelligence artificielle.
Les données de l’Agence internationale de l’énergie soulignent l’ampleur du problème : elles estiment que la consommation mondiale d’eau des centres de données a atteint 560 milliards de litres en 2023, dépassant ainsi la consommation mondiale annuelle d’eau en bouteille. Ce chiffre devrait plus que doubler d’ici 2030.
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