Google menace de fermer son moteur de recherche en Australie

Mel Silva, à gauche, directrice régionale de Google pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande, apparaît par visioconférence lors d’une commission sénatoriale interrogeant un « code média » obligatoire proposé par le gouvernement – Photo : Mick Tsikas/AAP Image via AP

Google menace de désactiver son moteur de recherche en Australie. L’entreprise est en désaccord avec le gouvernement australien sur un projet de code conduite qui l’obligerait à payer pour le contenu journalistique qu’elle propose par le biais de son moteur de recherche.

‘Ce code n’est pas applicable dans la pratique’, a déclaré Mel Silva, directrice régionale de Google en Australie et en Nouvelle-Zélande, à la commission du Sénat australien chargée d’examiner la question. Elle a expliqué qu’il était impossible pour son entreprise d’évaluer les risques financiers encourus. ‘Le seul choix rationnel que nous pouvons faire si ce projet de loi est adopté est de quitter le marché australien’, a-t-elle déclaré, selon les médias locaux.

La menace la plus évidente concerne la loi dite ‘Code de négociation des médias d’information’. Si ce projet de loi est adopté par le Parlement, les entreprises technologiques devront payer pour l’utilisation des contenus d’information, sous peine de millions de dollars d’amendes.

‘Le web libre et ouvert est en danger’

Le code s’appliquerait initialement au Newsfeed de Facebook et au moteur de recherche de Google. En ce qui concerne ce dernier point, il s’agit plus particulièrement de ce que l’on appelle les ‘snippets’ qui apparaissent lorsque les résultats de la recherche s’affichent. Il s’agit du lien, du titre et des quelques lignes de texte d’un article d’actualité en ligne visibles quand vous saisissez un terme de recherche apparenté.

Silva a comparé le fait de payer les médias pour afficher des liens vers leurs contenus à celui de recommander un café à un ami, et d’être ensuite facturé par ce même café pour la recommandation.

‘Si vous commencez à payer pour des liens vers certaines informations, vous détruisez le fonctionnement des moteurs de recherche. Et alors, vous n’avez plus de « web libre et ouvert »’, estime-t-elle. La directrice régionale a utilisé des mots forts.

L’entreprise annonce qu’elle ne veut pas payer les médias pour les liens, mais qu’elle est prête à le faire dans le cadre du programme Google News Showcase. Plus précisément, Google paie les éditeurs pour les articles qui se trouvent derrière le paywall d’un site d’information. ‘Cela leur permet d’augmenter leur audience et donne aux gens la possibilité de lire des contenus qu’ils ne verraient pas normalement’, a déclaré la société lors du lancement du projet pilote l’été dernier. Google News Showcase n’est actuellement actif que dans une douzaine de pays, desquels la Belgique ne fait pas partie.

Google enterre déjà des sites d’information

Selon le média d’information australien ABC, Google mène actuellement une expérience sur ses utilisateurs australiens, en cachant des sites d’information dans ses résultats de recherche.

Le géant du web a ajusté son algorithme de recherche pour environ 1% de ses utilisateurs australiens, ce qui signifie que les liens vers certains sites d’information ont été désactivés. Selon les observateurs, cette décision controversée est une réponse à la tentative du gouvernement australien de faire payer à la société les contenus informatifs.

Silva a déclaré que l’expérience avait ‘de multiples piliers’ et qu’elle ne divulguerait pas les médias concernés par celle-ci. ABC a passé le test et n’a pas pu accéder à son propre site web par le biais du moteur de recherche de Google.

Le message de Google est clair : my way or highway.