Principaux renseignements
- L’instabilité géopolitique et les chocs climatiques constituent une menace pour la sécurité alimentaire en Asie du Sud-Est et pourraient entraîner une grave crise.
- La hausse des coûts du carburant et des engrais fait grimper les dépenses de production et les prix à la consommation.
Goldman Sachs met en garde contre le risque d’une crise alimentaire imminente en Asie du Sud-Est, provoquée par une combinaison d’instabilité géopolitique et de perturbations climatiques.
La banque d’investissement souligne que les tensions au Moyen-Orient font grimper les coûts du carburant et des engrais, ce qui augmente à son tour les coûts de production pour les agriculteurs et les prix à la consommation. Ces pressions économiques pourraient contraindre les gouvernements de la région à mener un exercice d’équilibre difficile pour gérer à la fois les coûts énergétiques et alimentaires.
El Niño
Des facteurs environnementaux compliquent encore la situation, un puissant épisode El Niño étant prévu pour fin 2026. Ce phénomène météorologique pourrait déclencher un nouveau choc d’approvisionnement au moment même où les effets différés de la hausse des prix du pétrole et des engrais se répercutent déjà sur la chaîne alimentaire.
Singapour et les Philippines sont les plus vulnérables
Le degré de vulnérabilité varie d’un pays à l’autre dans la région. En tant que principaux importateurs nets de denrées alimentaires, Singapour et les Philippines devraient subir l’impact direct des flambées mondiales des prix.
Si l’Indonésie et la Malaisie peuvent sembler protégées par leur production d’huile de palme, elles seraient en réalité des importateurs nets si l’on excluait ce secteur spécifique. Quant à la Thaïlande, elle reste très vulnérable en raison de sa forte dépendance vis-à-vis des engrais étrangers, qui représentent plus de 90 pour cent de son approvisionnement.
Lien entre l’énergie et l’agriculture
À l’appui de ces perspectives, une étude de la London School of Economics and Political Science souligne que l’énergie est une composante fondamentale tant de la production agricole que de la logistique. Par conséquent, la volatilité des prix du pétrole se répercute rapidement tout au long de la chaîne d’approvisionnement, entraînant une hausse du coût des matières premières.
De plus, l’OCDE met en garde contre le fait que les perturbations actuelles de l’approvisionnement en pétrole en provenance du Moyen-Orient pourraient limiter la disponibilité des engrais et en augmenter le coût. Cela pourrait avoir un impact négatif sur les cycles de plantation et de récolte jusqu’en 2027, ce qui finirait par réduire les rendements agricoles et faire grimper les prix.
Impact inflationniste prévu
Selon Goldman Sachs, l’impact cumulé de ces facteurs de tension devrait faire augmenter l’inflation alimentaire en Asie du Sud-Est de 1 point de pourcentage en moyenne au bout de six mois. Ce chiffre devrait atteindre 2,1 points de pourcentage au bout d’un an, avant de reculer légèrement à 2 points de pourcentage au bout de 18 mois. La banque a précisé que ces chiffres représentent des pressions inflationnistes supplémentaires plutôt qu’une prévision globale de l’inflation alimentaire.
(at)
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