Après les ballons, les États-Unis soupçonnent la Chine d’utiliser des grues de fret à des fins d’espionnage

Un vent de paranoïa semble balayer les États-Unis depuis l’apparition d’un premier ballon d’origine chinoise dans leur espace aérien. À moins que leurs soupçons ne soient justifiés.

L’actualité : certains équipements des ports américains pourraient présenter un risque de surveillance ou de sabotage, selon le Pentagone qui considère les grues de fret géantes comme de possibles outils d’espionnage chinois.

  • Plusieurs responsables parlent de véritables chevaux de Troie disséminés dans plusieurs ports du pays, notamment ceux utilisés par l’armée américaine.

Le détail : ces grues, notamment celles du fabricant chinois ZPMC, sont équipées de capteurs sophistiqués qui peuvent enregistrer et suivre la provenance et la destination des conteneurs, pointent du doigt plusieurs responsables américains, rapporte le Wall Street Journal.

  • Ces derniers craignent que la Chine puisse capturer des informations sur le matériel expédié dans ou hors du pays pour soutenir les opérations militaires à travers le globe.
  • Mais plus encore, ces grues pourraient également fournir un accès à distance à des personnes qui chercheraient à perturber le flux de marchandises dans les ports américains, selon Bill Evanina, ancien haut responsable du contre-espionnage.
    • « Les grues peuvent être le nouveau Huawei », a-t-il déclaré. « C’est la combinaison parfaite d’activités légitimes qui peuvent également se faire passer pour une collecte clandestine de renseignements ».

« Il ne serait pas difficile pour un attaquant de désactiver un capteur sur une grue et d’empêcher la grue de bouger. Ces systèmes ne sont pas conçus pour la sécurité, ils sont conçus pour les opérations »

Chris Wolski, ex-directeur de la cybersécurité pour le port de Houston.

À noter : ZPMC contrôle environ 70 % du marché mondial des grues et vend ses équipements dans plus de 100 pays. 80 % des grues navire-terre utilisées dans les ports américains proviennent de ce constructeur chinois.

  • En 2021, des agents du FBI ont retrouvé du matériel de collecte de renseignement à bord d’un cargo livrant des grues ZPMC au port de Baltimore.

De la pure paranoïa, selon la Chine

Ces nouvelles incriminations interviennent quelques semaines après que les relations déjà tendues entre les États-Unis et la Chine se soient quelque peu aggravées, suite à la présence de ballons géants d’origine chinoise – du moins, le premier – dans l’espace aérien américain dans un but d’espionnage.

  • Épisode qui a mis en lumière la nature changeante de l’espionnage, ainsi que la façon dont les pays se surveillent les uns les autres avec des outils moins conventionnels.
    • On pourrait d’ailleurs citer le cas de Huawei. Le constructeur chinois, actif sur le marché des appareils grand public, est également un important fournisseur en matière de télécommunications. Structures qu’il utiliserait pour le compte du gouvernement chinois pour espionner, d’après les États-Unis.

Réaction chinoise : un représentant de l’ambassade de Chine à Washington a déclaré que cette nouvelle attaque à l’encontre de l’Empire du Milieu cachait en réalité une nouvelle tentative paranoïaque des États-Unis d’entraver la coopération commerciale et économique avec la Chine, a assuré un représentant de l’ambassade chinoise à Washington.

  • « Jouer la ‘carte chinoise’ et faire flotter la théorie de la ‘menace chinoise’ est irresponsable et nuira aux intérêts des États-Unis eux-mêmes », a-t-il déclaré.

Et maintenant : une étude non classifiée visant à déterminer si les grues fabriquées à l’étranger posent des menaces à la cybersécurité ou à la sécurité nationale dans les ports américains devra être faite d’ici la fin de l’année, en vertu du projet de loi sur la politique de défense américaine.

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