Et si un vaccin contre la polio pouvait déjà nous protéger du coronavirus ?

Isopix.

Plusieurs experts du monde biomédical soutiennent qu’un vaccin contre la polio pourrait nous protéger temporairement contre le coronavirus. Aucune expérience clinique n’a pour l’instant été lancée sur son efficacité face au covid-19, mais le VPO est connu depuis des dizaines d’années dans le monde médical pour protéger contre de nombreux virus autres que la Polio.

Développé dans les années 50, le VPO est un vaccin antipoliomyélitique oral sûr, bon marché, facile à administrer et produit en grande quantité. Il a été prouvé que les enfants qui ont reçu ce vaccin sont aussi protégés contre un large éventail d’infections. Pour un groupe d’experts médicaux internationaux, cela vaut la peine de lancer des tests pour vérifier son efficacité contre le covid-19.

Pour étayer leur argumentation, ils comparent le virus de la polio et le nouveau coronavirus. ‘Le poliovirus et le coronavirus sont tous deux des virus à ARN à brin positif. Par conséquent, il est probable qu’ils puissent induire et être affectés par les mêmes mécanismes d’immunité innée’, expliquent-ils dans un article publié dans le magazine Science.  

En outre, le VPO est connu pour ses effets de groupes. Si son efficacité contre le covid-19 était confirmée, son utilisation permettrait de créer une immunité de groupe, selon le groupe d’experts.

Vaccins plus rapides

Aujourd’hui, les chercheurs du monde entier planchent sur plus de 135 vaccins différents contre le covid-19. Mais très peu d’entre eux se concentrent sur un vaccin utilisant une forme atténuée du virus – comme le fait le VPO pour la Polio – car il faut plus de temps pour les produire. Actuellement, la pandémie de coronavirus est telle qu’il faut trouver un vaccin qui soit disponible en grande quantité très rapidement.

Toutefois, selon les estimations les plus optimistes, un vaccin ne sera pas prêt avant le premier trimestre de 2021. Le VPO – même s’il n’est plus utilisé en Europe ou aux États-Unis – est toujours produit pour les pays africains ou asiatiques où le virus n’a pas encore disparu. Selon ses défenseurs, cet antipoliomyélitique pourrait, si les tests sont positifs, se révéler être une bonne alternative en attendant un vaccin ciblé.