Et si l’appendice jouait un rôle essentiel dans la longévité?

Présent chez de nombreux mammifères, l’appendice est considéré comme un organe inutile qui ne se fait remarquer qu’en cas d’inflammation, mais selon une nouvelle étude, le rôle de ces quelques centimètres de tissus organiques ne serait pas si superficiel que cela.

Malgré les nombreuses recherches et expérimentations dont il a fait l’objet, l’appendice reste encore aujourd’hui un véritable mystère pour les chercheurs et médecins, mais une récente étude suggère que cet organe d’apparence inutile serait finalement essentiel à la longévité des espèces. Selon l’étude menée par des chercheurs de l’Inserm et du Museum National d’Histoire Naturelle, la présence de l’appendice chez certaines espèces de mammifères serait corrélée à l’allongement de la longévité, et ce, malgré les théories de Charles Darwin qui disent que cet organe serait un vestige de l’évolution des espèces qui serait désormais inutile et dénué de toute fonction.

Pour l’heure, aucune théorie concernant le rôle de cet organe n’a été largement acceptée par les scientifiques. Son utilité est toujours remise en question. Il représente d’ailleurs un danger puisqu’en cas d’inflammation non soignée (appendicite, puis péritonite), il peut entrainer la mort.

Il réduit la mortalité

Pour tenter de percer le mystère, des chercheurs ont analysé les données de 258 espèces de mammifères dont 39 présentaient un appendice. Ils se sont principalement intéressés à la longévité maximale théorique – soit la durée de vie théorique des espèces établie en fonction de leur poids – et la longévité réelle de chacune d’entre elles. Sur base de leurs recherches, ils en ont conclu qu’il existait une corrélation entre la présence de l’appendice et l’allongement de la longévité maximale observée chez ces espèces. Celles disposant de cet organe jouissent d’une durée de vie plus longue que celles de même poids qui n’en possèdent pas.

Selon les chercheurs, cette structure organique favoriserait la constitution d’un « sanctuaire bactérien » sélectif qui renforcerait le système immunitaire des espèces possédant un appendice. « L’appendice cæcal peut contribuer à l’augmentation de la longévité par une réduction de la mortalité extrinsèque. Un risque moindre de diarrhée infectieuse mortelle est l’une des hypothèses les plus plausibles qui pourraient l’expliquer », indiquent les chercheurs. Ce dernier favoriserait la recolonisation rapide des intestins avec de bonnes bactéries en cas de trouble digestif de ce genre.

À noter que l’ablation de l’appendice n’aurait pas de conséquence directe sur la longévité d’une personne.

Cette étude offre une pléthore de nouvelles pistes pour expliquer la fonction de ce mystérieux organe. Les chercheurs devront encore vérifier leur théorie avec des analyses concrètes.

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