Principaux renseignements
- Volkswagen pourrait être contrainte de supprimer pas moins de 140 000 emplois à la suite d’une restructuration en profondeur.
- Le PDG Oliver Blume doit réduire les coûts de 10 milliards d’euros pour faire face à des concurrents chinois très agiles.
- Les syndicats menacent de faire grève alors que la direction vise des marges bénéficiaires irréalistes.
Les représentants syndicaux de Volkswagen AG ont tiré la sonnette d’alarme, laissant entendre que les efforts de restructuration du géant automobile pourraient, à terme, entraîner la suppression de jusqu’à 140 000 postes. Cet avertissement intervient alors que le PDG Oliver Blume et le directeur de la marque VW, Thomas Schäfer, s’apprêtent à présenter leurs stratégies de réduction des coûts aux salariés, à commencer par une réunion publique sur le site de Wolfsburg. C’est ce qu’indique Bloomberg.
Grèves potentielles
Alors que la direction de l’entreprise a évoqué la suppression de 100 000 postes, les responsables syndicaux affirment que 40 000 emplois supplémentaires sont menacés si certaines usines allemandes venaient à fermer. Bien qu’Oliver Blume ait rejeté l’idée d’une fermeture d’usines nationales au cours de cette décennie, la jugeant improbable, cette perspective a alimenté d’importantes tensions.
Christiane Benner, dirigeante d’IG Metall, a qualifié d’illusoire l’objectif du PDG d’atteindre une marge de 9 pour cent. D’autres responsables syndicaux locaux ont laissé entendre que des grèves pourraient avoir lieu si la trajectoire actuelle n’était pas modifiée.
Restructuration
Pour Blume, cette refonte constitue le défi central de son mandat. Il vise à réorienter l’entreprise afin de mieux rivaliser avec des concurrents chinois agiles et de s’adapter à un paysage dominé par les logiciels et les véhicules électriques.
Cependant, la structure d’entreprise complexe de Volkswagen l’empêche de mettre en œuvre ces changements de manière unilatérale. Il doit s’assurer de la coopération du Land de Basse-Saxe et de dirigeants syndicaux influents, qui disposent tous deux d’un droit de veto significatif.
Pression des actionnaires
La pression extérieure s’intensifie également. Porsche SE, la holding majoritaire de la famille Porsche-Piëch, a insisté pour que des mesures soient prises plus rapidement, invoquant un tournant critique pour l’entreprise. Cette urgence est motivée par une baisse des dividendes résultant de la chute des bénéfices tant de la marque principale Volkswagen que de Porsche AG.
Les difficultés financières résultent de plusieurs facteurs, notamment la sous-utilisation des capacités de production, des frais généraux élevés en Allemagne et un ralentissement du marché chinois. En conséquence, Volkswagen est confronté à un écart de coûts de 30 pour cent par rapport à ses concurrents et doit réduire ses dépenses d’au moins 10 milliards d’euros. Les mesures proposées comprennent la réduction de la gamme de modèles disponibles, la rationalisation de la gestion et la réduction de la capacité de production européenne de 500 000 véhicules par an.
Frustration et revendications des salariés
Alors que les dirigeants se rendent dans différentes usines allemandes pour justifier ces coupes drastiques, les salariés expriment leur frustration. Ayant déjà accepté des milliers de licenciements, ils ont le sentiment d’être pénalisés pour les échecs de la direction en matière de stratégie relative aux véhicules électriques et de développement logiciel. Daniela Cavallo, une haute responsable syndicale, a souligné que la direction devait fournir des garanties concrètes quant à l’avenir du personnel.
Les 140 000 suppressions d’emplois prévues sont calculées sur la base de 50 000 suppressions déjà convenues en Allemagne, de 50 000 suppressions potentielles à l’échelle mondiale et de 40 000 postes sur quatre sites allemands en situation précaire. Blume, autrefois considéré comme un médiateur capable d’équilibrer les luttes de pouvoir internes à l’entreprise, est désormais confronté à un test de taille : convaincre un personnel réticent d’accepter ces changements radicaux. (fc)
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