Des robots-infirmiers pour venir en aide à un secteur hospitalier au bord du burnout

De moins en moins un ressort de la science-fiction et de plus en plus présente dans notre vie quotidienne, la robotique fascine et fait peur. Sans partir dans les craintes vis-à-vis du développement des intelligences artificielles qui pourraient bien un jour se retourner contre nous, d’aucuns se demandent jusqu’où les robots seront capables de nous remplacer, exerçant mieux que nous un nombre croissant d’emplois. Mais si cette perspective peut sonner comme une menace, elle peut aussi être un bienfait : les robots peuvent, et vont, d’abord nous soulager des travaux les plus pénibles.

On l’a vu durant la pandémie, mais ce n’était pas une nouveauté : les emplois médicaux, en particulier en milieu hospitalier, sont stressants, anxiogènes, voire destructeurs. Nombreux sont les infirmiers et les médecins qui ont basculé dans le burnout durant cette période particulièrement difficile. Un problème systémique qui pourrait être résolu avec l’aide de mains mécaniques, selon Diligent Robotics, une entreprise basée à Austin, Texas.

2 infirmières sur 3 prêtes à démissionner aux USA

Celle-ci, on s’en doute, travaille sur des robots. Et l’un de ses rejetons vient de trouver son premier boulot : Moxi, un robot de près d’1,80 m qui occupe ses journées à transporter des médicaments, des échantillons de laboratoire et des articles personnels dans les couloirs de l’hôpital Mary Washington de Fredericksburg, en Virginie. Moxi est équipé d’un bras robotisé et peut saluer les passants en faisant apparaître des yeux de cœur sur un visage numérique. Une caméra à l’avant et un capteur LiDAR à l’arrière aident Moxi à cartographier les étages des hôpitaux et à repérer les personnes et les objets à éviter.

Ça n’a l’air de rien, mais à rouler partout avec ses plateaux chargés et en souriant à tous les patients, Moxi soulage le personnel hospitalier d’une multitude de petites tâches qui, accumulées, sapent l’énergie nécessaire pour la partie médicale du boulot.

Un élément à prendre en compte quand, selon les chiffres du syndicat National Nurses United, deux tiers des infirmiers et infirmières des États-Unis envisagent de quitter leur travail. Dans des pays comme la Finlande, les infirmières réclament de meilleurs salaires et se mettent en grève rapporte Wired. Mais cela a aussi ouvert la voie à davantage de robots dans les établissements de soins de santé.

Robots infirmiers, robots kinés

« Ce que nous avons vu au cours des deux dernières années, c’est que presque tous les systèmes de soins de santé pensent à la robotique et à l’automatisation ou ont la robotique et l’automatisation dans leur agenda stratégique », présente Andrea Thomaz, PDG de Diligent Robotics et cofondatrice de la firme en 2017.

Une série de robots ont été mis au point ces dernières années pour effectuer des tâches de soins de santé telles que la désinfection des salles d’hôpital ou l’assistance aux kinésithérapeutes et, sans surprise, c’est le Japon qui est à la pointe de cette technologie, mais d’autres pays suivent le mouvement.

La robotique est défendue par un nombre croissant de firmes comme une technologie qui nous permettra de laisser de côté les tâches les plus pénibles d’un travail, tout en compensant aussi la chute démographique des pays industrialisés, en particulier en Asie. Bien sûr, cette transition ne sera sans doute pas dénuée de challenges, en premier lieu au niveau de l’acceptation de ces travailleurs robotiques dans nos sociétés. Et que ceux-ci ne soient pas utilisés pour nous remplacer sous prétexte qu’ils ne font pas grève, mais qu’au contraire ils ont pour but de nous faciliter la vie.

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