Des paroles aux actes: la Corée du Nord fait exploser le bureau de liaison intercoréen

Kim Jong Un, en mars 2020. Isopix

La Corée du Nord a détruit le bureau de la ville de Kaesong qui la reliait à la Corée du Sud. Une explosion qui survient alors que la Corée du Nord avait formulé des menaces et annoncé son attention de détruire cet organe de communication vendredi dernier.

La nuit dernière, des flammes noires se sont échappées du complexe industriel de Kaesong. Depuis le sud de la frontière, comme l’image ci-dessous l’indique, on ne pouvait y apercevoir qu’un immense nuage de fumée qui ne laissait rien présager de bon. Ce matin, le ministère de l’Unification du Sud a déclaré que la Corée du Nord avait mis ses menaces à exécution, et que le bureau de liaison avait été détruit.

Explosion du bureau de liaison/Crédit Photo : EPA

Comme nous vous l’expliquions récemment, la Corée du Nord n’avait cessé d’attiser les tensions ces derniers jours. Elle avait également durci son discours envers la Corée du Sud, l’accusant de ne pas avoir empêché des militants de lancer des tracts de propagande, dont le contenu véhiculait notamment des messages critiques à l’égard de la dirigeante Kim Yo Jong, soeur de Kim Jong-un, de l’autre côté de la frontière. Le gouvernement sud-coréen avait pourtant promis d’interdire et de stopper toute campagne de ce type, mais il semblerait que les dispositions prises n’aient pas permis de calmer le jeu.

Samedi, les médias nord-coréens ont rapporté que Kim Yo Jong avait ordonné au département chargé des affaires intercoréennes de ‘mener à bien la prochaine action de son plan’ et que ‘la population devait s’attendre à assister, sous peu, à une scène tragique’, à savoir, la destruction du bureau de liaison, jugé ‘inutile’ par le pouvoir.

Le bureau de liaison intercoréen avait été créé en 2018, dans le cadre d’une série de projets visant à réduire les tensions entre les deux entités. Des dizaines de fonctionnaires, originaires du sud et du nord, y travaillaient chaque semaine.