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Dans la course au vaccin, la prudence reste de mise : OMS et experts tempèrent l’enthousiasme des géants pharmaceutiques

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Crise du coronavirus

19/11/2020 | Ewa Kuczynski | 8 min de lecture

Frederic Sierakowski / Isopix

Face à l’épidémie qui n’en finit pas, un possible vaccin contre le Coronavirus suscite l’espoir dans le monde entier. Preuve en est, la course au vaccin contre le Covid-19 se poursuit. Mais alors que les plus gros groupes pharmaceutiques nourrissent ces espoirs en promettant des vaccins efficaces à plus de 90%, l’OMS et les experts tempèrent. 

Les annonces concernant les vaccins contre le Coronavirus se succèdent depuis une semaine. Il y a deux jours, Moderna Pharmaceutics annonçait avoir mis au point un vaccin efficace à plus de 94,5%.  Le 9 novembre dernier, c’est Pfizer et le laboratoire allemand BionTech qui affirmaient que leur vaccin contre le Covid-19 était efficace à plus de 90%.

La communauté scientifique accueille toutefois ces annonces avec prudence, en attendant d’avoir des données plus complètes sur l’efficacité de ces vaccins. 

Hier, le virologue Emmanuel André s’est exprimé sur les réseaux sociaux. Il a invité les internautes à la prudence : ‘Je comprends les motivations financières des entreprises pharmaceutiques à publier des communiqués de presse qui disent qu’elles sont les meilleures. Mais soyons sérieux: s’ils continuent à augmenter quotidiennement [leurs chiffres], nous serons à 140 % d’efficacité avant la publication de la première étude évaluée par les pairs.’, a-t-il tweeté. 

Une course effrénée

Ces taux d’efficacité sont en effet prometteurs, mais encore très ‘théoriques’. Ces essais se basent sur les essais cliniques auprès de groupes de milliers de personnes qui ont reçu soit une dose, soit un placebo et qui ont ensuite affiché (ou non) des symptômes.

Comme l’indiquait Le Vif, ‘il est nécessaire de compiler plus de données sur l’efficacité du candidat-vaccin car les chiffres avancés restent des résultats intermédiaires, qui s’appuient sur un nombre de participants limité’. 

Les experts affirment en effet que ces annonces relèvent d’une compétition, d’une course effrénée pour se tailler une part du marché. Généralement, un vaccin ou un médicament n’est promulgué que 4 ou 5 ans après les essais cliniques, mais dans ce cas précis de pandémie, les délais ont été raccourcis, car il y a urgence. 

‘Gravir cette montagne sans vaccins’

L’OMS modère également cet enthousiasme. Selon elle, les vaccins n’arriveront pas à temps pour contenir les dégâts de la seconde vague. ‘Nous n’y sommes pas encore en ce qui concerne les vaccins (…) Beaucoup de pays sont face à cette vague, et ils vont la traverser et continuer à l’affronter sans vaccins’, a déclaré Michel Ryan, le directeur exécutif chargé du Programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire.

‘Nous devons comprendre et intégrer cela, et réaliser que nous devons cette fois gravir cette montagne sans vaccins’, ajoute-t-il. 

Plusieurs obstacles

Aussi, si les différents ministres de la Santé ambitionnent de vacciner près de 70% de la population belge – gratuitement, sans pour autant rendre le vaccin obligatoire- cela ne se fera pas sans obstacle, même si la Belgique est dotée de 3 sites de production.

Le vaccin prometteur de Pfizer et BionTech doit être conservé à -72 °c, à cela se rajoute également tout une logistique à mettre en place (import-export, stockage) sans oublier le coût de production du vaccin, et le fait que ce dernier doit encore être validé par une organisation de santé officielle. 

Un seuil de 60 à 70%

Ce matin, Jean Stéphenne, ancien patron de GSK, qui préside la société pharmaceutique allemande CureVac, s’est également montré plus modéré. Il a déclaré au quotidien Le Soir qu’il serait compliqué de vacciner près de 8 millions de Belges, ‘davantage encore en Belgique francophone qu’en Flandre, car les francophones sont très influencés par la France qui est un des pays où l’opposition à la vaccination est la plus forte’. Or, comme il le souligne, ‘pour qu’un vaccin soit efficace, il faut atteindre une couverture vaccinale de la population suffisante, de l’ordre de 60 à 70 %, soit le seuil pour éviter la circulation du virus’.

Comme l’indiquait Yves van Laethem la semaine dernière, il est vrai que la fameuse immunité de groupe tant attendue ne viendra qu’avec le vaccin, administré de façon massive. Mais pour que celle-ci soit atteinte, encore faut-il qu’une part suffisamment grande la population soit vaccinée.

Enfin, il apparaît que plusieurs vaccins seront nécessaires pour que la population soit couverte. ‘Il y a un consensus sur le fait que la « protéine S » est l’élément du virus le plus à même de déclencher une réponse immunitaire. Une même cible, mais différentes approches technologiques, et nous espérons tous qu’il y ait in fine plusieurs vaccins’, a déclaré Leen Delang, virologue au laboratoire de virologie et de chimiothérapie à la KULeuven et professeure assistante en faculté de médecine, au quotidien Le Vif

Un vaccin sera en effet moins efficace dans un certain type de population et plus efficace chez une autre, il en est de même pour les sujets ( qu’ils soient immune-déprimés ou non) : tous ne réagiront pas de la même manière, sans oublier qu’un laboratoire ne peut assurer la production entère nécessaire à vacciner toute une population. 

Si ‘tout’ reste donc encore à faire, la prudence reste aussi de mise.

Source: BusinessAM


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