Pourquoi le cuivre est capital à la transition énergétique, et pourquoi il pourrait venir à manquer

Le cours du cuivre est actuellement à son taux le plus bas depuis 2020, et inférieur de 30% déjà par rapport à mars dernier, et ce, suite à l’effondrement de la demande chinoise. Mais la situation pourrait bien radicalement s’inverser, car « Dr. Copper » est essentiel aux technologies nécessaires à la transition énergétique, et ce, dans des quantités véritablement inédites. De quoi faire craindre une future pénurie.

Le cuivre est un indicateur clé de la santé de l’économie mondiale, et pour l’instant, il se porte plutôt mal, car le ralentissement de la production industrielle, en Chine en particulier, a entrainé une chute vertigineuse de la valeur du métal orangé. Mais celui-ci, déjà une ressource stratégique, risque bien de devenir essentiel aux technologies de pointe censées assurer notre sevrage aux énergies fossiles : panneaux solaires, éoliennes, ou encore voitures électriques nécessitent tous du cuivre, et ce, en grandes quantités. La construction d’une de ces dernières consomme 2,5 fois plus de ce métal que pour une voiture thermique. Dans ce contexte, une pénurie serait catastrophique, alarme un rapport de l’analyste financier S&P Global.

Le métal de l’électrification

Et malgré les indicateurs économiques actuels, celle-ci est parfaitement envisageable. « La transition énergétique va dépendre beaucoup plus du cuivre que notre système énergétique actuel », soulignait Daniel Yergin, vice-président de S&P Global, à CNBC. « On a simplement supposé que le cuivre et d’autres minéraux seront toujours là. Le cuivre est le métal de l’électrification et l’électrification est en grande partie ce qu’est la transition énergétique. »

Le rapport prévoit que la demande de cuivre doublera presque au cours de la prochaine décennie pour atteindre 50 millions de tonnes en 2035. En 2050, la demande atteindra plus de 53 millions de tonnes. Pour mettre ce chiffre en perspective, S&P Global note que c’est « plus que tout le cuivre consommé dans le monde entre 1900 et 2021. » Et ce sont les énergies renouvelables qui consommeront la majeure partie de ce cuivre.

16 ans pour une nouvelle mine

Or, si ce métal orange n’est pas rare sur notre planète, la production actuelle culmine plutôt à 10 millions de tonnes par an. Et comme il faut en moyenne 16 ans pour creuser une nouvelle mine et la voir extraire des minerais, S&P Global estime peu probable qu’au rythme actuel, nous puissions répondre à nos futures demandes en cuivre. Pour l’instant, l’augmentation de l’utilisation des mines existantes et l’accélération du recyclage peuvent répondre à une partie de la demande accrue, mais cela ne suffira sans doute pas.

« Il y aura un nouvel ordre géopolitique autour de minéraux comme le cuivre », a déclaré Yergin. Il a noté que la chaîne d’approvisionnement du cuivre est beaucoup plus concentrée que celle d’autres matières premières, dont le pétrole. « La Chine s’est concentrée sur la création d’une position de premier plan dans les chaînes d’approvisionnement en minerais qui seront nécessaires à la réduction nette des émissions de carbone, et le cuivre est un excellent exemple de la position clé qu’elle occupe. Pendant ce temps, la production américaine de cuivre a diminué de près de la moitié au cours du dernier quart de siècle. »

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