Crise énergétique: blackout et hausse des prix généralisée au programme, et pas seulement en Europe

Après près de deux ans de pandémie, le monde s’apprête à faire face à une nouvelle crise, celle de l’énergie. Tout aussi invisible, cette dernière menace le monde entier et pourrait mener à de nombreux blackouts et à des hausses de prix en dehors du secteur des énergies.

L’Europe fait face à une crise énergétique de grande ampleur qui pourrait s’intensifier au cours des prochaines semaines. Cela aura évidemment un impact significatif sur les consommateurs, tant sur leurs factures que sur leur quotidien. Les prix du gaz et de l’électricité vont en effet s’envoler – cela a d’ailleurs déjà commencé –, si bien que certains vont peut-être devoir faire des choix. Mais outre la note qui sera beaucoup plus salée, la crise énergétique à laquelle s’apprête à faire face à l’Europe pourrait mener à des blackouts, ralentissant ainsi certaines industries. Elle pourrait également s’étendre à l’échelle mondiale.

Des causes multiples

La reprise économique post-covid s’est faite un peu partout au même moment. La demande de gaz et d’électricité a donc explosé. Or, en raison de la transition énergétique entamée par plusieurs pays – les rendant fortement dépendants des énergies renouvelables – et des conditions météorologiques défavorables de ces derniers mois – le vent a manqué en Europe –, les stocks d’énergies renouvelables sont particulièrement bas.

Les producteurs de gaz naturel sont donc particulièrement sollicités, d’autant plus que l’automne et l’hiver approchent à grands pas sur le Vieux Continent. Si la Norvège a promis d’augmenter sa production, la Russie, principal fournisseur de gaz naturel de l’Europe, ne semble pas aussi pressée de trouver rapidement une solution. La hausse des prix due à l’explosion de la demande lui sied plutôt bien.

Blackouts et hausse de prix généralisée

Si les pays européens n’hésitent pas à surenchérir pour s’assurer un stock d’énergie suffisamment important pour que sa population puisse passer l’hiver au chaud, mais aussi pour que leurs entreprises et usines puissent continuer à tourner au cours des prochains mois, ils ne sont pas à l’abri d’une panne d’électricité, et donc, de la fermeture de plusieurs industries.

La Chine a déjà commencé à rationner l’électricité aux industries. Si les autorités détournent également le gaz pour éclairer et chauffer ses foyers, une crise d’électricité n’est pas à exclure. De nombreuses usines devront fermer, ce qui entrainera une pénurie de matières premières et produits.

Mais l’impact de la crise sanitaire pourrait se traduire autrement sur le marché. Pour faire face à la hausse de prix, les producteurs pourraient être amenés à réduire leur production et donc, parallèlement, à augmenter leurs propres tarifs. Une inflation alimentaire mondiale n’est pas à exclure.

Certaines économies ne pourraient tout simplement pas assumer les prix auxquels le gaz et l’électricité seront vendus. Elles pourront donc tout simplement s’arrêter de tourner. C’est notamment le cas du Pakistan ou du Bangladesh.  

Le retour des combustibles polluants

Pour prévenir la crise énergétique, certains importateurs d’énergie n’hésitent pas à se tourner vers des combustibles plus polluants tels que le charbon ou le mazout, et ce, malgré les efforts mondiaux pour le climat. La crise énergétique pourrait atteindre de tels niveaux que les gouvernements eux-mêmes pourraient se détourner de leur engagement écologique, au profit de solutions plus polluantes pour chauffer leur population durant l’hiver.

Une aide pourrait cependant venir d’outre-Atlantique. Moins touchés par la crise énergétique et la hausse des prix, les États-Unis pourraient en effet envoyer du gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe. Les prix pourraient cependant être importants. Et bien qu’ils soient moins impactés par la crise, les stocks énergétiques américains sont tout de même déjà assez bas.

L’Industrial Energy Consumers of America souhaite d’ailleurs que les exportations américaines vers l’étranger soient réduites, le temps de renflouer les stocks dans le pays, indique Bloomberg. Si le ministère américain de l’Énergie y consent, cela pourrait de nouveau exacerber la crise énergétique à l’étranger.

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