L’UE préconise aux Etats membres de diminuer la TVA et les droits d’accises sur l’énergie

Depuis quelques semaines, les prix du gaz naturel, et par conséquent ceux de l’électricité, atteignent des sommets vertigineux partout en Europe. L’Union européenne va faire preuve de pédagogie avec ses Etats membres, pour qu’ils puissent eux-mêmes contrer ces hausses.

La demande venait principalement de l’Espagne, où les prix de l’électricité ont plus que triplé. Lundi, elle avait demandé à la Commission européenne d’élaborer un « menu » de mesures européennes pour lutter contre la flambée des prix de l’énergie. Tout en respectant les règles du marché de l’énergie de l’Union.

Ce mercredi, l’exécutif de l’Union européenne a répondu favorablement à cette demande, rapporte Euractiv. Kadri Simson, commissaire européenne chargée de l’Energie, a déclaré que Bruxelles produirait des orientations pour aider les pays à faire face à la flambée des prix dans les semaines à venir.

« J’ai proposé aujourd’hui aux ministres d’élaborer une boîte à outils plus structurée, qui, selon nous, pourrait être utile à tous les États membres pour faire face à la situation actuelle », a déclaré Mme Simson mercredi, à l’issue d’une réunion des ministres de l’énergie des pays de l’UE.

La commissaire a déjà donné quelques pistes qui pourraient être suivies par les Etats membres, à savoir:

  • Modifier la taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
  • Modifier les droits d’accises
  • Utiliser des aides directes pour protéger les consommateurs des coûts élevés

Un signal pour passer au renouvelable

Si la faible production du renouvelable en Europe ces dernières semaines et l’augmentation des prix du carbone influencent cette hausse des prix de l’électricité, c’est surtout la hausse des prix du gaz naturel qui en responsable.

Les prix de référence du gaz en Europe ont augmenté de plus de 250% depuis janvier, en raison de la réouverture des économies du monde entier après les lockdowns, la forte demande en Asie faisant baisser l’approvisionnement de l’Europe. Cette hausse a provoqué une onde de choc dans les industries tributaires du gaz, qui vont de la production d’électricité au CO2 utilisé dans le commerce alimentaire.

Bruxelles a déclaré que la flambée des prix devrait encourager les pays à accélérer leur abandon des combustibles fossiles. Elle a été notamment suivie par l’Autriche. Sa ministre du Climat et de l’Energie, Leonore Gewessler, a déclaré qu’un passage plus rapide aux énergies renouvelables rendrait l’UE « plus résistante aux fluctuations de prix à long terme ».

« Nous devons faire des pas décisifs dans la bonne direction en utilisant nos propres ressources disponibles localement – nous devons diminuer notre dépendance aux combustibles fossiles », a embrayé le ministre slovène des Infrastructures, Jernej Vrtovec, qui a dirigé la réunion ministérielle de mercredi.

Notons que le Royaume-Uni, qui mise déjà davantage sur le renouvelable, passe lui aussi un très mauvais mois de septembre. Face à une production éolienne en berne, l’ex-membre de l’UE est actuellement enlisé dans une grave crise énergétique. Plusieurs fournisseurs d’énergie ont déjà fait faillite, et de nombreux autres pourraient les suivre dans les prochains mois.

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