Covid-19: ‘L’admiration envers la Chine a été fatale à l’Occident’

(EPA)

Le lockdown était-il nécessaire? C’est la question que pose l’auteur et économiste français Jacques Attali dans son dernier livre ‘L’Economie de la Vie’. Attali a notamment été conseiller économique de l’ancien président français François Mitterrand. Il a également cofondé la version française du magazine en ligne Slate.

Selon Jacques Attali, le lockdown était en fin de compte évitable et il a été le résultat d’une suite d’erreurs. Dans son livre, l’essayiste explique comment la grande majorité des pays occidentaux se sont retrouvés entraînés vers la pire de toutes les solutions.

‘La Chine, le pays du mensonge d’État’

‘Tout d’abord, la malchance a voulu que la pandémie éclate le 17 novembre à Wuhan, au pays du mensonge d’État, celui de la dictature chinoise’, écrit Jacques Attali.

Les politiciens occidentaux sont alors passés par trois phases différentes: d’abord celle de la sidération, de l’incrédulité et de l’incompréhension. En d’autres termes, ils ne parvenaient pas à comprendre ce qu’il se passait. Par la suite, nous sommes entrés dans une phase de déni, une période au cours de laquelle les dirigeants ont tenté de minimiser, voire de nier la gravité de la situation. Et enfin, est arrivée la phase de la procrastination, une période qu’Attali situe entre la fin janvier et début février, ‘quand la tâche principale était de gagner du temps’.

L’admiration mal placée envers la Chine

Le lockdown a été une mauvaise interprétation de la situation, provoquée par la réalité géopolitique mondiale actuelle qui accorde trop d’admiration à la Chine. À partir du moment où les autorités chinoises ont décrété un lockdown, les dirigeants occidentaux ont décidé qu’il devait en être de même chez nous, estime Jacques Attali.

Selon le Français, on aurait mieux fait de regarder ce qui se faisait en Corée du Sud, à Taïwan ou Hong Kong. Ces pays disposaient de protocoles afin de tester massivement la population et suivre les malades. Jacques Attali estime que des trois, le modèle sud-coréen était le meilleur. Ce pays se préparait à un tel scénario depuis des années. Il était déjà doté de stocks de masques buccaux, de tests et de logiciels téléphoniques de surveillance, avant même l’arrivée du coronavirus sur son territoire. ‘Une dure leçon’, écrit Attali, ‘dont nous nous souviendrons à l’avenir, espérons-le’.

‘L’erreur de juger les masques superflus peut être pardonnée, mais pas les mensonges’

L’économiste français estime encore que durant la phase de la sidération, plutôt que de penser au financement du chômage temporaire, il aurait mieux valu réfléchir à une façon d’impliquer l’industrie occidentale. De cette façon, des masques buccaux, des appareils respiratoires, des tests et des applications de tracing auraient pu être créés et fabriqué en Europe. ‘L’erreur de juger les masques superflus peut être pardonnée, mais pas les mensonges’, écrit-il. ‘Car le rôle du politique est avant tout de protéger contre la mort.’

Enfin, Jacques Attali trouve que l’admiration envers la Chine est ‘totalement déplacée’. ‘Le prix que l’Occident a finalement payé est insupportable.’ Il conclut en affirmant que la vie doit redevenir le centre de l’économie, plutôt que la quête du profit. Le Français plaide également pour que toute mesure qui ferait payer aux générations futures les dettes que nous contractons aujourd’hui soit rendue inconstitutionnelle. Ce qui signifie plus ou moins rendre le keynésianisme illégal.