Les mesures fortes de la Belgique contre le Coronavirus

Sierakowski/ Isopix

La Première ministre Sophie Wilmès s’est exprimée à la suite d’une réunion du Conseil National de Sécurité qui a démarré à 18h30. La Belgique s’est décidée finalement à prendre des mesures de plus grande ampleur. Elles entrent en vigueur dans la nuit de vendredi à samedi jusqu’au 3 avril inclus, veille des vacances de Pâques.

Dernière mise à jour à 19h25

Tous les hôpitaux belges ont activé leur plan d’urgence dès ce samedi matin. Cela signifie que toutes les consultations et opérations programmées jusqu’au 3 avril sont suspendues dans tous les établissements du pays. Le personnel doit ainsi se consacrer entièrement aux urgences et aux patients contaminés par le coronavirus.

Le SPF Affaires étrangères a également déconseillé tous les voyages à l’étranger et conseille fortement de les reporter, notamment face au risque ‘très élevé’ que des citoyens belges se retrouvent bloqués pour le retour.

Voici les nouvelles mesures concernant l’épidémie sur l’ensemble du territoire: la ‘phase fédérale’ est officiellement lancée.

  • Toutes les activités récréatives, sportives, culturelles, folkloriques sont annulées peu importe leur taille ou nature. Idem pour les discothèques, cafés et restaurants qui doivent être fermés. Les hôtels restent eux ouverts.
  • Concernant les écoles: tous les cours sont suspendus. Des adaptations seront prévues pour les parents ayant des professions essentielles (service de santé, police, sécurité), quand la garde ne peut être assurée autrement que par les grands-parents. Les crèches restent elles ouvertes.
  • Les personnes âgées sont conviées à rester chez elles et à faire leurs courses en journée.
  • Les mesures de télétravail et de réunion en vigueur et doivent être renforcées.
  • Les magasins qui fournissent des services essentiels restent ouverts en semaine et en week-end: pharmacie et alimentaire. Les autres resteront ouverts en semaine, mais seront fermés le week-end.
  • Les transports publics continuent de circuler, mais pour les déplacements indispensables. Les travailleurs peuvent continuer les prendre, mais là encore Première ministre plaident pour le nécessaire.

Reste maintenant aux différents niveaux de pouvoir de l’appliquer. Des mesures de compensation seront prises pour les secteurs concernés.

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Pourquoi cette attente ?

Personne ne semblait d’accord dans ce Conseil National de Sécurité. D’abord sur la marche à suivre quant à la fermeture des établissements scolaires, ensuite sur l’annulation systématique (ou non) de tous les événements, fermés ou ouverts.

Ces derniers jours, il ressort que le nord du pays freinait des quatre fers pour limiter les mesures trop contraignantes comme la fermeture des écoles. Les raisons évoquées étaient économiques principalement. Le sud planchait davantage sur une fermeture générale. Ce sont donc surtout les différences de compréhension entre le sud et le nord qui ont compliqué les choses. Du communautaire, on ne changera pas la Belgique.

Les incertitudes, elles sont aussi liées à la lasagne institutionnelle qu’est la Belgique. Chaque phase du plan d’urgence correspond à un niveau de pouvoir. Toute la cacophonie de ces derniers jours était due à cette imbrication entre bourgmestres, gouverneurs (provinces) et Régions voire Communautés. Les yeux se tournaient vers le fédéral qui devait monter la phase d’un cran, pour pouvoir prendre les pleines responsabilités de la crise sanitaire, et les pleins pouvoirs.

Notons enfin que les experts souhaitaient aller plus loin, il y a déjà plusieurs jours déjà, alors que le monde politique montrait une certaine réticence, prêchant par prudence. Trouver l’équilibre entre ne pas inquiéter la population et prendre des mesures efficaces, c’était le dilemme du monde politique.

Ces mesures fortes répondent à ces inquiétudes.

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