Conflits extérieurs et intérieurs: quel bilan pour les USA après la première année de Joe Biden?

Covid, Afghanistan, Taïwan, Ukraine, inflation, Républicains de plus en plus virulents, plan de relance saboté ; le président des États-Unis Joseph Robinette Biden Jr. souffle sa première bougie depuis son entrée en fonction. Aujourd’hui, il n’a plus que 42% d’opinions favorables, et l’Amérique semble plus fracturée que jamais.

Le 6 janvier 2021, le Capitole a été pris d’assaut par des supporters du président sortant Donald Trump, qui espérait ainsi pouvoir bloquer la certification, par le Parlement, des votes qui donnaient Joe Biden vainqueur de l’élection. La tentative a échoué, mais les images choquantes sont restées gravées dans la mémoire. Le 20 janvier, il y a un an, le président Joe Biden a pu entrer en fonction.

Mais cet assaut du Capitole semblait déjà être un signe de mauvaise augure pour le 46e président des États-Unis. Le jour de son investiture, où il a voulu rassembler tous les camps d’une Amérique fracturée à sa cérémonie (Donald Trump était cependant absent), la vedette lui a été volée par un Bernie Sanders (Démocrate), emmitouflé, qui est devenu un mème viral, plus relayé et commenté que l’investiture même.

Tensions internationales

Dans un premier temps, l’opinion publique était favorable au nouveau président. Il maintenait la promesse des États-Unis de quitter l’Afghanistan, après une présence de 20 ans et de nombreux soldats tués. Mais voilà également sa première chute dans l’opinion publique : la retraite a été une véritable débâcle. Les talibans, renversés il y a vingt ans, ont gagné du terrain au fur et à mesure que les Américains reculaient, et, sur un boulevard, ont repris le pouvoir avant même que les États-Unis n’aient entièrement quitté le territoire, au mois d’août, provoquant des paniques à Kaboul et des évacuation chaotiques des ressortissants étrangers.

Une sérieuse claque pour Biden. A qui ne revient pas l’entière responsabilité de 20 années infructueuses de présence internationale sur le territoire (dont l’intérêt et le résultat sont un autre débat), mais la débâcle et le chaos lui ont été imputés de toute part. Il a eu droit à son propre « Vietnam ».

Mais l’Afghanistan n’était pas la seule tension « militaire » à laquelle Biden a dû faire face. La Chine convoite l’île de Taïwan, dont les États-Unis sont un allié, et en voyant des exercices militaires chinois se multiplier dans les environs, Biden est monté au créneau fin octobre : « Les États-Unis défendront Taïwan en cas d’attaque de la Chine ». Après une rencontre avec Xi Jinping, « cordiale et amicale« , les choses semblent calmées. Mais une escalade ne semble jamais loin.

Avec la Chine, la guerre semble en effet peu probable, mais plus au nord et plus à l’ouest, à la frontière ukrainienne, la tension est à son comble. L’Ukraine veut rejoindre l’OTAN, ce qui mettrait une présence militaire internationale mais surtout américaine juste sous le nez de la Russie. Pas très enchantée de la situation, elle a dépêchée des centaines de milliers de soldats vers la frontière. Depuis, le bras de fer est engagé. Dans ce choc des deux puissances, l’Europe est plus proche de la guerre qu’elle ne l’a été depuis longtemps.

Les nerfs semblent à blanc, et quel espoir peut-il y avoir pour la paix ? Un retrait commun des missiles atomiques basés en Turquie et à Cuba avait sauvé le monde in extremis d’une guerre nucléaire en 1962. Comment pourrait se délier ce conflit-ci ? L’Ukraine renoncera-t-elle à rejoindre l’OTAN ? Les autres pays européens frontaliers du bloc de l’Est pendant la guerre froide, comme l’Autriche, avaient toujours gardé leurs distances par rapport à l’OTAN, pour ne pas mener à une escalade.

Conflit intérieur : relances et investissements

Voilà pour ce que Biden doit endurer à l’étranger. En temps de crise, on imaginerait alors un pays uni derrière son président, mettant les différends nationaux de côté pour traverser la crise. Que nenni. D’un côté il y a les crises internationales, de l’autre côté, la crise sanitaire, qui a fait des États-Unis le pays le plus endeuillé, avec plus de 850.000 morts. Et après la crise sanitaire, le spectre d’une crise économique a longtemps pointé à l’horizon.

Pour relancer la machine économique après les premières vagues de l’épidémie, Biden a sorti une batterie de mesures dans un plan d’investissement colossal, valant mille milliards de dollars. Il a été voté en novembre, mais le moment d’union fut bref : un deuxième plan de relance, avec des mesures de soutien pour le social et l’environnement, ne rencontre pas le soutien espéré, pas même dans le camp démocrate.

Au sortir de la crise sanitaire, les États-Unis sont également, depuis plusieurs mois, sous la mainmise d’une inflation qui dépasse désormais les 7%. Elle est liée à des situations qui dépassent la seule situation des États-Unis, mais comme président, Biden semble tout de même en mauvaise posture. A voir si l’homme qu’il a reconduit à la tête de la Fed, Jerome Powell, saura reprendre les choses en main.

Fin de la démocratie?

Les conflits internes ne se concentrent pas uniquement sur des questions de politiques économiques. Le conflit est avant tout politique, et l’opposition du bloc républicain à toute initiative est quasi systématique. Tout part de l’élection de Trump. Pour 68% des Républicains, les Démocrates ont effectivement truqué les élections, rapporte France Culture. Depuis, les Républicains, dans les États où ils sont majoritaires, tentent de modifier les lois électorales, en voulant restreindre les désignations des personnes censées compter les voix, ou encore restreindre les accès au vote de certaines minorités.

De nombreux témoignages montrent une Amérique fracturée, irréconciliable presque. Les tensions augmentent entre différents groupes politiques, idéologiques et même ethniques. D’aucuns voient les États-Unis glisser vers la dictature.

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