Censure: les réseaux sociaux ne pourront plus faire ce qu’ils veulent au Texas

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, vient d’adopter une loi visant à lutter contre la censure sur les réseaux sociaux. Plus précisément, elle leur interdit de bannir des utilisateurs « en fonction de leurs opinions politiques ».

Dans l’État du Texas, bannir un utilisateur ne sera plus aussi simple pour les réseaux sociaux. Le gouverneur de l’État américain vient en effet d’adopter une loi qui leur interdit tout bonnement de censurer un utilisateur sur base de ses opinions politiques.

« Nous défendrons toujours la liberté d’expression au Texas, c’est pour ça que je suis fier de signer cette loi afin de protéger le premier amendement [de la Constitution américaine] dans notre État », a déclaré Greg Abbott, gouverneur républicain du Texas, lors d’une conférence de presse. « Il y a un mouvement dangereux de la part de certaines sociétés de médias sociaux pour faire taire les idées et les valeurs conservatrices. »

L’éviction de Donald Trump

Cette loi intervient quelques mois après que l’ancien président des États-Unis, Donald Trump, s’est bu bannir de Facebook, Twitter, Twitch et autres plateformes sociales, suite aux émeutes qui ont eu lieu le 6 janvier dernier au sein du Capitole de Washington. Bien avant cet évènement, les élus républicains et conservateurs américains martelaient déjà que les réseaux sociaux se montraient plus conciliants avec les démocrates. Certains qualifiaient d’ailleurs la modération des réseaux sociaux de censure à leur encontre. La loi de gouverneur texan vise à lutter contre cette forme de « censure », alors même que Facebook vient d’annoncer son intention de restreindre la visibilité des contenus politiques sur sa plateforme.

En juin dernier, une loi similaire avait été proposée en Floride, mais cette dernière a finalement été bloquée par un juge fédéral, sous prétexte que cette loi, qui visait à empêcher les réseaux sociaux de suspendre des contenus publiés par des candidats à une élection, entravait la protection de la liberté d’expression.

« Le premier amendement indique clairement que le gouvernement ne devrait pas réglementer l’expression des particuliers ou des entreprises. Cela inclut les actions du gouvernement pour forcer la parole en exigeant qu’un média social privé publie un contenu qui va à l’encontre de ses politiques ou préférences’ », avait ainsi indiqué Steve DelBianco, président de l’association NetChoice, concernant la loi en Floride. Un argumentaire qui pourrait s’appliquer à celle adoptée au Texas.

Aucune forme de censure

Dans les faits, la nouvelle loi HB 20 s’applique aux plateformes sociales qui comptent plus de 50 millions d’utilisateurs actifs et leur interdit de censurer, de démonétiser ou de restreindre les contenus basés sur « le point de vue d’un utilisateur ». La loi exige également que les réseaux sociaux divulguent la manière dont ils promeuvent et modèrent le contenu sur leur plateforme. En cas d’infraction, des poursuites civiles ou une action du procureur général pourraient être lancées.

La nouvelle loi interdit également aux services de messagerie d’ »entraver intentionnellement la transmission de message électronique […] en fonction du contenu du message », sauf si l’entreprise soupçonne que le message contient du code malveillant, de l’obscénité, du contenu illégal ou qu’il s’agisse de spam.

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