Ce médicament prometteur, testé sur le furet, bloquerait la transmission du SARS-CoV-2 s’il est pris rapidement

image d’illustration (Pixabay)

Le Molnupiravir, un antiviral expérimental contre la grippe, peut rendre indétectable la charge virale du coronavirus seulement 12 heures après l’avoir pris. Cela signifie que le virus ne se trouve plus dans le nez ou la bouche. S’il ne soigne pas à proprement parler de la maladie, il semble stopper la propagation du virus.

Cela fait maintenant 9 mois que tous les scientifiques cherchent des médicaments qui pourraient mettre fin à l’épidémie. On pense à l’hydroxychloroquine ou au remdesivir. Actuellement, aucun ne fait consensus dans le monde médical. Récemment, c’est l’antiviral Molnupiravir qui a été testé sur des furets à l’université d’Atlanta. Les résultats publiés dans la revue Nature Microbiology se montrent encourageants.

Les chercheurs ont ainsi administré un comprimé de Molnupiravir à des furets 12 heures après avoir infecté par le virus SARS-CoV-2. Ils ont ensuite remarqué que les sujets ne sécrétaient plus de particules du virus dans les 12 heures suivant la prise du médicament. Bien que les furets infectés présentaient encore des traces du virus dans leur corps, celui-ci était indétectable dans le nez et la gorge.

Les scientifiques ont également placé un furet malade avec deux sujets sains. Si le furet infecté recevait deux fois par jour du Molnupiravir, il ne contaminait pas ses camarades. Si, par contre, il n’en avait pas reçu, les deux autres furets étaient infectés dans 4 jours.

Toutefois, si le médicament est administré 3 jours après l’infection, il faut alors jusqu’à 36 heures pour que le sujet ne soit plus contaminant. Plus il est administré tôt et plus vite il fonctionne.

Chez l’homme

À l’heure actuelle, le médicament n’a pas été testé chez l’homme. Mais si le médicament fonctionne aussi bien sur les humains que sur les furets – connus pour être très contaminant entre eux – le Molnupiravir pourrait permettre de mettre fin à l’épidémie de coronavirus en stoppant la transmission.

Les furets ne généralement pas de formes graves de la maladie. Les chercheurs n’ont donc pas regardé si l’administration du médicament réduisait également les symptômes du virus. Mais les chercheurs espèrent que sur l’homme, le Molnupiravir puisse freiner le développement de la maladie. L’antiviral a en effet été développé pour créer des erreurs lors de la réplication des cellules virales, ce qui empêche de créer des cellules infectieuses. Cela limiterait les cas graves de Covid-19 et devrait alors diminuer la mortalité du virus.

Des essais cliniques ont été lancés par les laboratoires américains Ridgeback Biotherapeutics sur des patients atteints du Covid-19, selon le journal français 20 minutes. Les chercheurs testent trois dosages différents sur les malades, qui reçoivent le produit toutes les 12 heures pendant 5 jours. Les résultats ne seront pas connus avant mai 2021. Si l’efficacité du médicament est reconnue, il devra encore subir une série de tests pour vérifier qu’il ne provoque pas d’effets secondaires importants, vu qu’il était toujours en développement. Le Molnupiravir est donc encore loin d’arriver sur le marché, mais il pourrait venir en aide là où les vaccins ne sont pas suffisants.

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