Carlos Ghosn se livre pour la première fois depuis son évasion: ‘J’étais otage de ce système’

L’ancien CEO de Renault-Nissan s’est exprimé publiquement pour la première fois ce mercredi depuis son évasion du Japon. Une conférence de presse très attendue au cours de laquelle Carlos Ghosn livre sa vision des faits.

C’est donc depuis Beyrouth, sa ville natale où il s’est réfugié, que Carlos Ghosn a livré sa première conférence de presse, cet après-midi.

L’ancien CEO de Renault-Nissan en a profité pour décrire ses conditions de détentions au Japon, qu’il décrit comme inhumaine: ‘Une cellule isolée, avec de la lumière 24 heures sur 24, sans fenêtre, deux douches par semaine, et des interrogatoires qui peuvent survenir à n’importe quel moment, de jour comme de nuit, et sans avocat’, déplore-t-il à grand renfort de gestes et d’intonations théâtrales.

Il n’a par contre pas donné de plus amples détails sur sa rocambolesque évasion. ‘Je ne vais pas expliquer aujourd’hui la façon dont j’ai quitté le Japon, même si je sais que cela vous intéresse’.

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‘Ce n’est pas ça la justice’

Carlos Ghosn en a également profité pour fustiger ses accusateurs chez Nissan ainsi que le système judiciaire japonais. ‘Je peux révéler la vérité, pas celle travestie de ceux qui m’accuse. Faire la lumière sur un système qui offense les droits fondamentaux de l’homme et pour réhabiliter mon nom.’ Carlos Ghosn n’a toutefois pas cité de noms ‘pour éviter de nuire à l’État libanais’.

‘Le boss, c’était le procureur, pas le juge’, a-t-il encore déclaré. ‘Ce n’est pas ça la justice, j’étais otage de ce système’.

Les raisons du ‘complot’

Carlos Ghosn a par ailleurs fourni son analyse des raisons qui ont mené à son arrestation. Selon lui, tout cela est politique. ‘J’ai quitté le Japon, car je voulais la justice, la seule façon de rétablir ma réputation et que tout ce que j’ai fait de ma vie soit reconnu à sa juste valeur’.

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Pour Carlos Ghosn, il y a deux raisons à ce qu’il qualifie de ‘complot’:

  • la baisse des chiffres de Nissan à partir de 2017. Il s’était éloigné du groupe en 2016, en partance pour Mitsubishi. ‘J’ai laissé une marque dans le top mondial’, se défend-il.
  • L’ingérence de l’État français, qui aurait été mal vécue par le groupe Nissan.

Il souligne aussi que Nissan est passé à côté de l’alliance avec Chrysler et Fiat. ‘Comment ont-ils pu rater ça ?!’

L’ancien CEO termine en affirmant son affection pour le Japon, répétant qu’il a quitté le pays pour trouver la justice.

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