Le prochain business de l’espace : des graines plus robustes contre le réchauffement climatique

Une première lancée dans l’espace de ce projet commercial est prévue l’année prochaine. Objectif : cultiver des graines pour les rendre plus robustes. Première étape : la Station spatiale internationale, avant une station propre en 2027.

Pourquoi est-ce important ?

Les scientifiques sont inquiets face au réchauffement climatique. Ils s'attendent à des étés de plus en plus chauds et secs, parmi d'autres conséquences, avec les risques que cela représente pour notre approvisionnement en nourriture.

Les faits : envol l’année prochaine.

  • La start-up émiratie, StarLab Oasis, filiale de la société spatiale américaine Nanoracks, a prévu d’envoyer ses premières graines, par exemple du quinoa ou du soja, dans l’espace en 2023, rapporte CNN Business.
  • De telles missions ont déjà existé, dès les années 60 en fait. Depuis les années 80, la Chine utilise des graines qu’elle a cultivées en espace. Mais StarLab Oasis devrait être une des premières à développer une exploitation commerciale de la chose, à savoir cultiver des graines dans l’espace. Le but est de proposer ses services à des entreprises, qui pourront ensuite commercialiser les graines, ou à des universités, pour faire de la recherche.
  • Les premières graines seront envoyées à la Station spatiale internationale (ISS) – où les astronautes font d’ailleurs déjà pousser leurs propres salades. Mais à terme, pour 2027 normalement, StarLab veut avoir sa propre station où les graines seront cultivées.

L’essentiel : développer des plantes résistantes à des situations difficiles.

  • Faire pousser des plantes dans l’espace n’est pas une tâche aisée. Déjà, elles ne savent pas vraiment dans quel sens pousser, à cause du manque de gravité, alors qu’elles sont habituées à pousser tout droit vers la lumière. Dans l’espace, elles sont aussi exposées à de la radiation. Résultat : elles vont muter pour devenir plus robustes, ce qui peut aider à développer des plantes qui, sur Terre, seront plus résistantes à la sécheresse, à la chaleur, à la teneur en sel du sol, etc.
    • « L’espace est un endroit où vous avez des ressources limitées, une énergie limitée, un espace limité. C’est l’endroit idéal pour faire de la recherche et cette même technologie peut être ramenée sur Terre », explique Allen Herbert, co-fondateur de la start-up basée à Abu Dhabi.
  • Cela peut paraître comme de la science-fiction, mais l’enjeu est réel : avec le dérèglement climatique, les conditions vont devenir de plus en plus difficiles pour les plantes. Les épisodes de chaleur et de sécheresse risquent de devenir de plus en plus fréquents. Or, les plantes s’y seront ainsi naturellement habituées, via l’entraînement dans des conditions extrêmes dans l’espace. Elles transmettront ce « savoir » dans leurs graines, sans que l’on doive intervenir dans leur code génétique pour les rendre plus robustes.
    • L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, a d’ailleurs envoyé des graines à l’ISS en début du mois de novembre, avec le même objectif : acclimater les plantes à des conditions plus extrêmes. Preuve que la piste est de plus en plus prise au sérieux.
  • Cet enjeu intéresse également les Émirats arabes unis, qui soutiennent le projet via l’Abu Dhabi Investment Office. C’est que le pays désertique importe 90% de ses besoins en nourriture ; des plantes plus robustes et capables de survivre dans la sécheresse et la chaleur seraient une option pour son approvisionnement en nourriture.
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