Brexit: Bruxelles et Londres bien parties pour aller au clash

Boris Johnson, Ursula von der Leyen (EPA-EFE/ANDY RAIN)

L’Union européenne et le Royaume-Uni sont en conflit suite avec la décision du gouvernement britannique et son Premier ministre, Boris Johnson, de mettre fin unilatéralement à une partie des accords conclus sur le Brexit.

  • Tout tourne autour de la frontière ‘dure’ ou ‘douce’ entre l’Irlande du Nord et l’Irlande. Boris Johnson avait précédemment accepté de maintenir cette frontière ouverte, un élément crucial du processus de paix dans cette région. Mais son gouvernement a récemment décidé d’introduire une nouvelle législation qui fait tout simplement sauter cet accord. Cette décision a suscité de vives réactions en Irlande, dans l’Union européenne, mais également chez les anciens Premiers ministres du Royaume-Uni, Theresa May et John Major: ‘Que vaut la parole du Royaume-Uni sur la scène internationale si nous ne respectons pas les accords’, a notamment déclaré ce dernier.
  • Mais le gouvernement britannique persévère: le ministre Michael Gove a annoncé qu’il ne comptait pas plier ou abroger la législation. Cela a conduit la Commission européenne à adopter un ton menaçant. Elle exige que Londres corrige la situation d’ici la fin du mois de septembre.
  • Toute cette affaire en dit long sur l’atmosphère qui entoure les négociations d’un accord commercial post-Brexit. Celles-ci restent dans l’impasse parce que les Britanniques refusent de se plier aux règles de l’UE pour pouvoir accéder au marché unique. Les pourparlers en sont à leur huitième round, sans succès jusqu’à présent. La question doit être réglée d’ici la fin de l’année. En attendant, il semble que l’UE ne se contentera pas de battre en retraite et de ‘tomber dans le piège du Royaume-Uni’ qui vise à la faire quitter la table des négociations.
  • Ce petit jeu pourrait coûter très cher à Boris Johnson. Ou plutôt à l’économie et aux emplois britanniques. Un Brexit dur aurait un impact très violent sur les exportations du Royaume-Uni. Mais le Premier ministre est apparemment prêt à prendre ce risque.

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