Black Knight Satellite : la théorie du complot qui voit Nikola Tesla communiquer avec des extraterrestres

Une théorie du complot prétend qu’un mystérieux satellite noir semble nous observer depuis des siècles. Et pour preuve : Nikola Tesla aurait capté ses signaux radios, tandis que la Nasa aurait classifié de fascinantes photos. Évidemment, la réalité et plus prosaïque.

Qu’est donc cet étrange objet noir qui se détache au clair de la Terre, en orbite autour de notre planète ? Surnommé « Black Knight » par les partisans de son existence, il s’agirait là d’un satellite qui ne serait pas d’origine humaine : une sorte de sonde d’observation braquée sur notre planète, et qui est peut-être là depuis des siècles, voire des milliers d’années. 13.000 ans même, avancent certains.

Assez longtemps pour nous observer depuis une époque où nous n’étions encore que des chasseurs-cueilleurs. Et les partisans de l’existence de cet artefact avancent qu’il émettrait des signaux radios, et que ceux-ci seraient perceptibles depuis la Terre.

Nikola et les Martiens

Une mésaventure qui serait d’ailleurs arrivée à Nikola Tesla, l’inventeur serbe de génie, alors qu’il se trouvait à la station expérimentale de haute altitude de Colorado Springs, en 1899. Alors que Tesla était occupé à tenter de dompter la foudre, ses appareils ont capté un étrange signal radio, une suite de nombres émis avec régularité. Comme si on tentait de prendre contact avec lui, comme il l’a plus tard raconté dans un journal: « Quand bien même je ne pouvais pas déchiffrer la signification de ce message, il m’était impossible de le considérer comme purement accidentel. Je garde le sentiment croissant d’avoir été le premier témoin de salutations, envoyée d’une planète vers une autre. » Tesla, qui n’était pas astronome, attribuait ce message aux habitants de la Lune ou de Mars. Mais pour les partisans du Black Knight, nul doute qu’il provenait en fait de ce fameux satellite. Et tant pis si Nikola Tesla, aussi ingénieux soit-il, n’était pas quelqu’un de très équilibré et qu’il existe des phénomènes spatiaux qui correspondent mieux à ce qu’il a décrit, comme les ondes produites par certaines étoiles lointaines, ou même, plus proches de nous, par la planète Jupiter. Ou encore par un objet électrique purement terrestre qui émettrait à proximité.

Des photos réelles

D’emblée, voilà un postulat qui fera lever un sourcil à pas mal de monde. Mais les partisans de l’existence du Black Knight disposent d’un atout rare en ufologie: des photographies, et qui proviennent de la Nasa qui plus est. Celles-ci datent de 1998, alors que cosmonautes russes et astronautes américains collaboraient pour assembler les premiers modules de la Station Spatiale Internationale.

Impressionnant. Sauf que si cette photo a bien été prise durant la mission spatiale STS-88, la première du programme de construction de l’ISS, elle n’a pas été gommée des archives. Contrairement à ce que prétendent les amateurs de théorie du complot, cette image est toujours en accès libre sur le site de la Nasa. Car elle ne représente qu’un… débris. Plus exactement, un morceau de couverture thermique qui devait être appliqué à la jonction d’un module russe et d’un module américain, et qui a échappé aux astronautes durant une manœuvre extérieure. Ce débris a brûlé dans l’atmosphère peu de temps après, mais il a eu le temps d’être immortalisé. Pour une postérité assez douteuse.

Dans une étude sur la théorie du Black Knight, Martina Redpath, du Armagh Planetarium en Irlande du Nord, conclut sans ménagement: « Ce n’est que la combinaison de nombreuses histoires qui n’ont aucun lien entre elles : des observations scientifiques inhabituelles, des auteurs qui défendent des idées saugrenues, des histoires de satellites espions classifiées, et des gens qui surinterprètent quelques photos. Ces ingrédients ont été débités et reconstitués sur Internet en une seule bouillie de mythes sans consistance. »

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