Biden face à la périlleuse désignation du directeur de la CIA: un choix qui pourrait lui faire perdre le soutien d’une partie des démocrates

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Parmi les premières grandes décisions que doit prendre Joe Biden, la désignation du nouveau directeur de la CIA fait sans doute partie des plus périlleuses. Deux candidats seraient encore en lice. Présentations.

D’après plusieurs médias américains, dont Politico, Joe Biden hésite entre deux hommes pour mettre à la tête de la CIA: Tom Donilon (65 ans) et Michael Morell (62 ans). Ce choix s’avère très important, étant donné que Donald Trump a souvent critiqué la CIA, l’accusant de faire partie d’un vaste complot, tantôt à la solde de Moscou, tantôt à la solde de l’‘Etat profond’ (Deep State).

Le futur directeur de la CIA fera face à de grands défis, suite notamment à l’exacerbation des tensions entre les Etats-Unis et la Chine sous l’administration Trump.

Deux ‘exs’ d’Obama

Les deux principaux candidats à la direction de la CIA ont tous les deux eu des postes importants sous la présidence de Barack Obama, dont Joe Biden était le vice-président durant ses deux mandats.

Tom Donilon était le conseiller à la Sécurité Nationale d’Obama entre octobre 2010 et juin 2013. Son influence sur la politique étrangère américaine avait été considérée comme très importante, notamment concernant la guerre en Afghanistan, où il était plutôt favorable à un retrait des troupes américaines. Donilon avait fini par rendre sa démission. Lors de son départ, Biden avait déclaré ne jamais avoir rencontré une personne ‘aussi talentueuse et avec un meilleur sens de la stratégie’ que lui.

Michael Morell, lui, a déjà été à la tête de la CIA. Il en avait été le directeur adjoint de mai 2010 à août 2013. Il en avait également été le directeur intérimaire pendant quelques mois.

Les progressistes ont déjà fait leur choix

Ces deux candidats ont, évidemment, leurs partisans et leurs détracteurs. D’après Politico, Donilon est surtout critiqué pour la rudesse de son leadership. Il en demanderait parfois beaucoup trop aux membres de son personnel. Il exigerait d’eux une ‘quantité de travail excessive’ pour ‘un objectif peu clair’.

Les critiques semblent plus marquées à l’encontre de Morell, notamment au sein même du parti démocrate. Plusieurs sénateurs influents lui reprochent d’être favorable à l’utilisation de la torture par la CIA.

‘Aucun apologiste de la torture ne peut être désigné comme directeur de la CIA. Cela serait inacceptable’, a déclaré le sénateur de l’Oregon Ron Wyden au Daily Beast.

Même s’il parfois été critiqué pour être trop centriste, Biden a, jusqu’ici, toujours été soutenu par la gauche. S’il opte pour Morell, il franchira une ‘ligne rouge’, a confié le collaborateur d’un législateur progressiste à Politico.

Morell est notamment accusé d’avoir soutenu le programme de ‘Techniques d’interrogatoire renforcé’ (‘Enhanced Interrogation Techniques’), utilisé sous l’administration Bush puis interdit par Obama car assimilé à de la torture. Le porte-parole de Morell a tenu à nier ces allégations, indiquant que Morell s’était justement montré très critique envers ce programme.