Avec sa nouvelle stratégie climatique, la Chine donne la priorité aux énergies renouvelables dans le secteur industriel


Principaux renseignements

  • Pékin donne la priorité à l’intégration des énergies renouvelables dans l’industrie et les transports.
  • Des objectifs flexibles permettent une augmentation potentielle des émissions avant qu’elles n’atteignent leur pic en 2030.
  • Le charbon reste un gage essentiel de sécurité énergétique malgré les initiatives écologiques.

Pékin a dévoilé une stratégie climatique globale pour la période allant jusqu’en 2030, mettant l’accent sur une intégration plus poussée des énergies renouvelables dans les activités industrielles, les transports et les centres de données. Cette feuille de route actualisée marque un tournant stratégique pour le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre ; plutôt que de se concentrer uniquement sur l’expansion de la production d’énergie propre, le gouvernement donne désormais la priorité à l’utilisation effective de cette énergie grâce à l’amélioration du transport, du stockage de l’énergie, de l’hydrogène vert et au développement de pôles industriels durables.

Objectifs flexibles

Si le plan maintient les objectifs généraux fixés lors des réunions politiques annuelles de mars, il continue de recourir à des objectifs flexibles. Cette approche, qui s’appuie sur la croissance naturelle des technologies vertes pour réduire les émissions, peut être jugée insuffisante par ceux qui réclament des interventions climatiques plus urgentes.

Bien que les niveaux de dioxyde de carbone aient légèrement baissé l’année dernière — grâce à l’essor des véhicules électriques et des infrastructures renouvelables —, la Chine ne garantit qu’un pic des émissions d’ici 2030. Cette marge laisse la porte ouverte à d’éventuelles augmentations des émissions avant l’échéance de neutralité fixée à 2060 par le président Xi Jinping.

Le charbon reste un filet de sécurité essentiel

Des défis nationaux, notamment une économie atone et des préoccupations accrues concernant la sécurité énergétique, ont compliqué la mise en œuvre immédiate de ces initiatives vertes. Par conséquent, un plan énergétique distinct publié en juin souligne que le charbon restera un filet de sécurité essentiel pour le réseau électrique national.

De même, le plan climatique actuel ne vise pas à mettre fin aux activités du secteur en pleine expansion de la transformation du charbon en produits chimiques. Il propose plutôt de réduire l’intensité carbone de ces opérations grâce à des gains d’efficacité et au remplacement progressif des combustibles fossiles par l’hydrogène et l’énergie éolienne ou solaire.

Implications mondiales

L’évolution des émissions chinoises au cours des cinq prochaines années sera un facteur déterminant pour savoir si le pays atteindra ses objectifs de zéro émission nette et si la communauté internationale parviendra à atténuer le changement climatique.

L’influence de la Chine est immense, puisqu’elle représentera environ 29 pour cent de la pollution mondiale en 2024. En revanche, les États-Unis — deuxième plus grand émetteur — ont contribué à hauteur d’environ 11 pour cent, bien que leurs propres émissions aient récemment augmenté suite au démantèlement de diverses politiques climatiques sous l’administration Trump.

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(ns)

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