Argent liquide: le flot ne tarira pas

La Monnaie de Paris est un institut qui frappe les pièces de monnaie. Pour elle, l’argent liquide ne périra pas. Et en dépit du numérique, des cartes et des applications bancaires.

L’institut est lucide : il fait face à une baisse tendancielle de l’usage du cash. Pourtant, il garde espoir. L’argent liquide n’a pas dit son dernier mot. Marc Schwartz, PDG de la Monnaie de Paris depuis 2018 affirme que le liquide ‘est un moyen de paiement résilient.’ Il le qualifie d’inclusif et de gratuit.

Un exemple récent lui a donné raison. À l’heure du déjeuner, un quartier parisien au cœur de la Capitale est plongé dans le noir. Panne de courant. Unique solution pour tous les consommateurs : fouiller les poches et sacs afin d’honorer leur festin … grâce à des pièces sonnantes et trébuchantes !

Un recul concret

En termes de chiffres, l’euro représente 30% des 135 millions de chiffres d’affaire de l’établissement. On va chuter autour des 25% dans les prochaines années.

La Monnaie de Paris ne subit pas seulement les modifications d’usage des citoyens. Elle subit aussi les stocks importants de la Banque de France. Par exemple, aucune pièce de 1€ n’a été frappée depuis 2002. Tellement les stocks sont importants.

En outre, l’Etat réduira aussi son carnet de commandes de 10% chaque année, entre 2019 et 2021.

Hauts les cœurs !

Le PDG garde le cap. Les Jeux Olympiques 2024 à Paris lui insufflent une certaine confiance en l’avenir. Ce genre d’événement permet en effet de frapper des pièces de collection. De plus, en tant que moment sportif et culturel, les JO engendrent souvent une concentration d’échanges commerciaux. Même si certains de ces échanges se feront via des canaux numériques. L’usage de l’argent liquide va proportionnellement augmenter, en comparaison avec la situation actuelle.

De plus, Marc Schwartz rappelle que les espèces restent dominantes dans les points de vente. Et certains pays qui ont annoncé vouloir se diriger vers une société sans espèces en reviennent.’

Il n’a pas peur non plus de certaines monnaies numériques, comme le Libra de Facebook. A ses yeux, des institutions comme la Monnaie de Paris inspireront toujours confiance. Ce que des entreprises comme Facebook ne peuvent pas revendiquer. Les derniers remous essuyés par le réseau social par rapport aux données personnelles n’aident pas.

Marché florissant en approche ?

L’avenir donnera peut-être raison au PDG de la Monnaie. Le président de la Fédération bancaire européenne défend un nouveau positionnement. Les épargnants devraient se voir imposer des taux négatifs, selon Jean-Pierre Mustier.

Voilà une politique qui pourrait faire les affaires des instituts de frappe ! Car dans ce genre de situation, le premier réflexe des épargnants est de retirer leur argent et se tourner à nouveau vers des transactions en liquide.