Après des années à vouloir bloquer toute action syndicale, Musk laisse organiser un vote pour élire la représentation des employés

Tout n’est pas encore clair dans l’organisation de ce vote, mais Musk semble ouvrir la voie à la représentation syndicale au sein de Tesla. Il a longtemps essayé de bloquer toute action de représentation ouvrière, et a même été condamné par la justice. Sa décision semble motivée par le discours de Joe Biden sur l’état de l’Union, où Tesla n’était pas mentionné.

Quelle mouche a piqué Elon Musk? Elle se nomme probablement Joe Biden. Dans son allocution sur l’état de l’Union (avec des phrases clés retranscrites sur Twitter), Biden a félicité les marques de voiture Ford et GM, d’investir dans l’électrique et de créer des emplois.

Biden, un des présidents les plus pro-syndicat, loue souvent les marques américaines qui se tournent vers l’électrique. Et souvent, voire presque toujours, il exclut Tesla de ses louanges. Une différence, parmi d’autres, entre Tesla et les autres marques est que Tesla ne compte pas de représentation syndicale, rapporte CNN.

Ce qu’Elon Musk ne manque pas de relever : il se plaint souvent que les efforts de Tesla ne sont pas reconnus par le président, alors qu’il s’agit de la première marque du marché des voitures électriques, qui a investi le plus et construit le plus de véhicules (électriques) aux Etats-Unis. « Plus que Ford et GM ensemble », souligne Musk, en réponse directe au tweet de Biden.

Dans la nuit de mardi à mercredi, Musk a alors réagi sur Twitter, son réseau social préféré, à des commentaires qui soulignaient que Tesla n’était pas mentionné car les syndicats y étaient absents. Le patron de Tesla invite désormais l’UAW (United Auto Workers) à venir tenir un vote pour élire une représentation ouvrière au sein des sites de Tesla.

Après tout, il est difficile de savoir si le fait que Tesla n’ait pas de représentation syndicale soit la raison pour laquelle Biden exclut la marque de son discours, et si le fait que Tesla soit exclu de ce discours pour cette raison potentielle soit la raison pour laquelle Musk soit ouvert à la représentation syndicale au sein de ses employés.

Musk contre les syndicats : ses travailleurs sont les mieux payés

Le marché de l’emploi aux Etats-Unis est sous pression, en cause d’une pénurie de main-d’oeuvre. Musk indique alors qu’il faut bien payer les travailleurs, et bien les traiter, pour les embaucher et les garder. En plus, il indique souvent que ses travailleurs sont les mieux payés de l’industrie automobile américaine. Ils reçoivent également des bonus en options de Tesla, qui ont pris beaucoup de valeur ces derniers temps, et font notamment la fortune de Musk.

Mais ce privilège est quelque peu un cadeau empoisonné. Le patron a déjà menacé les travailleurs de le leur retirer s’ils décidaient de se syndicaliser. Il a ensuite été condamné par un juge californien, car retirer ces actions à des employés s’ils voulaient se syndiquer serait illégal. Il a même été condamné à répétition par l’UAW et le National Labor Relations Board (NLRB), organe gouvernemental qui supervise tout ce qui est syndical, pour de tels agissements antisyndicaux. Il aurait même renvoyé des employés qui plaidaient pour le fait de se syndiquer.

Vote pour la représentation

Contre toute attente, Musk invite donc l’UAW à venir organiser un vote. Il n’est pas encore clair si Musk a introduit une demande officielle au NLRB pour qu’un tel vote soit organisé. Une demande sur Twitter est en tout cas pas une demande officielle. Un vote peut également être organisé si au moins un tiers des employés le demandent.

Il n’est pas encore clair si Musk essayera d’infleuncer ce vote. Habituellement, les dirigeants d’entreprise essaient de convaincre les employés à voter « non », rapporte CNN. Il n’est pas encore clair sur quel site de Tesla le vote sera organisé.

En tout cas, syndiquer les employés d’une grande entreprise comme Tesla serait une grande victoire pour un syndicat, une des plus grandes depuis des dizaines d’années, explique à CNN Alexander Colvin, professeur à la Cornell University school of industrial and labor relations. Ces dernières années, le syndicalisme a effectivement perdu du souffle, passant de près de 17% d’ouvriers syndiqués en 1983 à 10% aujourd’hui, et 6% dans le secteur privé.

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