Amazon met les bouchées doubles pour rattraper SpaceX dans la course à l’Internet par satellites, mais le chemin est encore long

Avec son projet Kuiper, le géant de l’e-commerce souhaite connecter l’ensemble du globe à Internet depuis l’espace. Un projet poursuivi par d’autres. D’ailleurs, Amazon est loin d’être dans les premiers et va devoir se bouger pour rattraper son retard par rapport à son pendant chez SpaceX, Starlink.

Au cours des cinq prochaines années, Project Kuiper prévoit pas moins de 83 lancements de satellites en orbite terrestre pour déployer son réseau Internet depuis l’espace. La filiale d’Amazon a en effet annoncé qu’elle avait réservé des dizaines de lancements sur trois fusées différentes. Project Kuiper a signé un partenariat avec l’Européen Arianespace, l’américain United Launch Alliance et Blue Origin, qui n’est autre que la société spatiale de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon.

Ces 83 lancements permettront à Amazon de déployer les quelque 3.236 satellites nécessaires à son projet. Si le principal intéressé n’a pas révélé le coût exact des contrats de lancement, le porte-parole de Project Kuiper, James Watkins, a tout de même précisé que la société avait investi des milliards de dollars dans les trois partenariats. Il s’agirait d’ailleurs du « plus grand achat commercial de lanceurs de l’histoire », selon le géant de l’e-commerce.

À des années-lumière de Starlink

Si la société en charge du projet ne perd pas espoir et poursuit son développement, celui-ci ne devrait pas être opérationnel avant plusieurs années. Un laps de temps que SpaceX devrait mettre à profit pour sécuriser son avance par rapport à Project Kuiper. Contrairement à ce dernier qui ne dispose encore d’aucun satellite en orbite, le projet de réseau Internet par satellites de SpaceX, Starlink, est déjà fonctionnel. La société d’Elon Musk compte en effet déjà plus de 2.000 satellites en orbite ce qui lui permet d’offrir un service limité dans le monde entier. Le réseau compterait déjà 250.000 abonnés.

Amazon devrait envoyer ses deux premiers prototypes de satellites dans le courant du quatrième trimestre 2022, sur une fusée expérimentale appelée RS1, actuellement en développement au sein de la startup ABL Space Systems. Le calendrier pourrait cependant être perturbé si la startup ne parvient pas à faire voler sa fusée. En janvier, la société a rencontré des problèmes avec son vaisseau, retardant de 3 mois son propre calendrier, selon Space News.

D’ailleurs, Project Kuiper n’est pas non plus à l’abri d’un retard de calendrier avec les lanceurs des entreprises spatiales de plus grande envergure, car les fusées avec lesquelles la société prévoit de lancer ses satellites sont toujours en développement. Arianespace et ULA prévoient un lancement de leur nouvelle fusée respective fin 2022, tandis que Blue Origin ne prévoit pas de faire voler New Glenn avant l’année prochaine, au plus tôt. Des retards ne sont pas à exclure.

La seule fusée sur laquelle Amazon peut réellement compter pour l’instant est l’Atlas V de United Launch Alliance auprès de laquelle l’entreprise américaine a déjà acheté 9 lancements.

Plus
Marchés
My following
Marchés
BEL20